Manuel Cuesta Morua, vice-président du Conseil pour la transition démocratique, "a été arrêté par la Sécurité de l'État vers 13H00 (19H00 HB), quand il sortait de la maison" à La Havane, a déclaré à l'AFP son épouse, Nairobi Scheri. La dirigeante du mouvement des Dames en blanc, Berta Soler, et son époux, l'ex-prisonnier politique Angel Moya, ont aussi été arrêtés, a annoncé sur Twitter la dissidente Martha Beatriz Roque. Une autre figure de l'opposition, Guillermo Fariñas, est en détention depuis vendredi. Ces derniers jours, de nombreux dissidents, promoteurs de la manifestation et journalistes indépendants ont dit être bloqués chez eux par les forces de l'ordre. Plusieurs d'entre eux ont raconté lundi être victimes d'actes de répudiation, ces rassemblements d'habitants utilisés depuis des décennies pour invectiver les dissidents, ou avoir l'internet coupé. À La Havane, le long du Malecon, célèbre boulevard côtier, des groupes de trois policiers étaient postés à chaque croisement et des agents en civil déployés dans les parcs et sur les places, a constaté l'AFP. Malgré l'interdiction, le groupe de débat politique sur Facebook Archipiélago, qui compte 37.000 membres à Cuba et à l'étranger, maintient son appel à manifester à La Havane et dans six provinces à partir de 15H00 (21H00 HB), pour exiger la libération des prisonniers politiques. Cet appel survient quatre mois après les manifestations spontanées et historiques du 11 juillet, qui ont fait un mort et des dizaines de blessés. 1.270 personnes avaient été arrêtées, dont 658 restent emprisonnées, selon l'ONG Cubalex. Les participants sont appelés à s'habiller en blanc ou, s'ils ont peur de manifester, à accrocher des draps blancs à leurs balcons. Le gouvernement accuse l'opposition de saboter ses efforts pour célébrer le retour à la normale après des mois de fermeture du pays et des établissements scolaires en raison de la pandémie de coronavirus. "Ainsi s'éveille Cuba le 15 novembre, avec plus de 700.000 élèves de retour en classes, en recevant les amis, la famille et les touristes, en relançant l'activité productive, en diminuant les cas de Covid", a souligné via Twitter le président Miguel Diaz-Canel, qui a assisté à la rentrée dans une école de Ciudad Libertad, dans l'ouest de La Havane. Le président avait dénoncé dimanche une "campagne médiatique contre Cuba", promettant que "Cuba vivra en paix". Lundi matin, de nombreux fonctionnaires du gouvernement partageaient des photos sur les réseaux sociaux de rues de l'île, assurant que le calme régnait. "Cuba continuera d'être une destination de tourisme paisible", a affirmé le Premier ministre Manuel Marrero lors d'une cérémonie marquant la réouverture au tourisme international. Le pays vit sa pire crise économique en près de 30 ans, avec de fortes pénuries d'aliments et de médicaments. Le mécontentement social est grandissant et la confrontation est au plus haut entre défenseurs et critiques du gouvernement. Les autorités accusent les organisateurs de la manifestation d'être des agents entraînés et payés par les États-Unis pour provoquer un changement de régime. Elles ont interdit le rassemblement et menacé de sanctions pénales. De quoi en dissuader certains après que des peines pouvant atteindre 30 ans de prison ont été requises contre des manifestants du 11 juillet, selon des médias indépendants cubains. Lundi, la France a demandé au gouvernement de "garantir le droit de la population cubaine à se réunir et à manifester pacifiquement", disant suivre "avec préoccupation" la situation. La veille, le secrétaire d'État américain Antony Blinken avait appelé "le gouvernement cubain à respecter les droits des Cubains, en les laissant se rassembler de manière pacifique". De son côté, le président mexicain Andrés Manuel Lopez Obrador a exprimé lundi son admiration pour l'"arrogance" de Cuba qui agit selon lui comme un pays "libre et indépendant". (Belga)

Manuel Cuesta Morua, vice-président du Conseil pour la transition démocratique, "a été arrêté par la Sécurité de l'État vers 13H00 (19H00 HB), quand il sortait de la maison" à La Havane, a déclaré à l'AFP son épouse, Nairobi Scheri. La dirigeante du mouvement des Dames en blanc, Berta Soler, et son époux, l'ex-prisonnier politique Angel Moya, ont aussi été arrêtés, a annoncé sur Twitter la dissidente Martha Beatriz Roque. Une autre figure de l'opposition, Guillermo Fariñas, est en détention depuis vendredi. Ces derniers jours, de nombreux dissidents, promoteurs de la manifestation et journalistes indépendants ont dit être bloqués chez eux par les forces de l'ordre. Plusieurs d'entre eux ont raconté lundi être victimes d'actes de répudiation, ces rassemblements d'habitants utilisés depuis des décennies pour invectiver les dissidents, ou avoir l'internet coupé. À La Havane, le long du Malecon, célèbre boulevard côtier, des groupes de trois policiers étaient postés à chaque croisement et des agents en civil déployés dans les parcs et sur les places, a constaté l'AFP. Malgré l'interdiction, le groupe de débat politique sur Facebook Archipiélago, qui compte 37.000 membres à Cuba et à l'étranger, maintient son appel à manifester à La Havane et dans six provinces à partir de 15H00 (21H00 HB), pour exiger la libération des prisonniers politiques. Cet appel survient quatre mois après les manifestations spontanées et historiques du 11 juillet, qui ont fait un mort et des dizaines de blessés. 1.270 personnes avaient été arrêtées, dont 658 restent emprisonnées, selon l'ONG Cubalex. Les participants sont appelés à s'habiller en blanc ou, s'ils ont peur de manifester, à accrocher des draps blancs à leurs balcons. Le gouvernement accuse l'opposition de saboter ses efforts pour célébrer le retour à la normale après des mois de fermeture du pays et des établissements scolaires en raison de la pandémie de coronavirus. "Ainsi s'éveille Cuba le 15 novembre, avec plus de 700.000 élèves de retour en classes, en recevant les amis, la famille et les touristes, en relançant l'activité productive, en diminuant les cas de Covid", a souligné via Twitter le président Miguel Diaz-Canel, qui a assisté à la rentrée dans une école de Ciudad Libertad, dans l'ouest de La Havane. Le président avait dénoncé dimanche une "campagne médiatique contre Cuba", promettant que "Cuba vivra en paix". Lundi matin, de nombreux fonctionnaires du gouvernement partageaient des photos sur les réseaux sociaux de rues de l'île, assurant que le calme régnait. "Cuba continuera d'être une destination de tourisme paisible", a affirmé le Premier ministre Manuel Marrero lors d'une cérémonie marquant la réouverture au tourisme international. Le pays vit sa pire crise économique en près de 30 ans, avec de fortes pénuries d'aliments et de médicaments. Le mécontentement social est grandissant et la confrontation est au plus haut entre défenseurs et critiques du gouvernement. Les autorités accusent les organisateurs de la manifestation d'être des agents entraînés et payés par les États-Unis pour provoquer un changement de régime. Elles ont interdit le rassemblement et menacé de sanctions pénales. De quoi en dissuader certains après que des peines pouvant atteindre 30 ans de prison ont été requises contre des manifestants du 11 juillet, selon des médias indépendants cubains. Lundi, la France a demandé au gouvernement de "garantir le droit de la population cubaine à se réunir et à manifester pacifiquement", disant suivre "avec préoccupation" la situation. La veille, le secrétaire d'État américain Antony Blinken avait appelé "le gouvernement cubain à respecter les droits des Cubains, en les laissant se rassembler de manière pacifique". De son côté, le président mexicain Andrés Manuel Lopez Obrador a exprimé lundi son admiration pour l'"arrogance" de Cuba qui agit selon lui comme un pays "libre et indépendant". (Belga)