"Nous n'acceptons pas l'amnistie parce que nous ne demandons pardon pour rien, nous n'avons commis aucun délit", a affirmé Amaya Coppens en arrivant à son domicile à Esteli (nord), la ville dont elle est originaire. "Au contraire, ce sont eux (le gouvernement) qui ont commis des crimes contre l'humanité et qui devraient s'inquiéter". "Nous continuons à demander la justice et la démocratie, nous n'oublions aucun des morts, nous n'oublions pas Eddy Montes (tué par balle en prison le 16 mai) et nous allons continuer à nous battre pour que la justice règne vraiment au Nicaragua", a-t-elle ajouté, visiblement émue. La jeune femme de 24 ans a été accueillie par des dizaines de voisins et d'amis, ainsi que par sa mère Tamara Zamora et son père de nationalité belge, Federico Coppens. Les principaux responsables des manifestations contre le gouvernement Ortega ont été libérés mardi au Nicaragua en vertu d'une loi d'amnistie votée samedi. Parmi les prisonniers libérés -- 56 en tout -- figurent, outre Amaya Coppens, des dirigeants paysans, des leaders étudiants ou des journalistes. Ils "étaient emprisonnés pour des délits contre la sécurité et la tranquillité publiques" et ont été remis à des représentants du Comité international de la Croix-Rouge (CICR) et ramenés chez eux, selon un communiqué du gouvernement. La loi d'amnistie bénéficie à la fois à des prisonniers politiques et à des membres des forces de répression. Elle prévoit que les prisonniers politiques libérés doivent "s'abstenir" de participer à des manifestations d'opposition. Les prisonniers libérés font partie de plusieurs centaines d'opposants arrêtés pour leur participation aux manifestations anti-gouvernementales du printemps et de l'été 2018. Amaya Coppens avait été arrêtée le 10 septembre dans la ville de León, où elle suivait des études de médecine, et avait été accusée de terrorisme. (Belga)