Après deux jours de discussions parfois houleuses dans un hôtel de la capitale, les opposants au président de la République se sont accordés pour choisir son successeur parmi les juges de la Cour de cassation et le prochain Premier ministre au sein des partis de l'opposition. "Nous avons trouvé une entente, nous avons trouvé un consensus. Maintenant, nous disons à Jovenel de tourner les talons parce qu'aujourd'hui les Haïtiens ont montré qu'ils sont adultes", a déclaré Youri Latortue, sénateur de l'opposition, à l'issue des négociations. Aucun calendrier n'a été précisé samedi soir quant à la concrétisation de cet accord mais l'organisation citoyenne Passerelle, qui a facilité la réunion des opposants, a indiqué que les deux jours de négociations ont abouti à l'établissement d'une feuille de route que devra suivre le couple exécutif esquissé par l'accord. Parmi la vingtaine de groupes politiques et citoyens représentés, seul le parti Fanmi Lavalas de l'ancien président Jean-Bertrand Aristide n'a pas signé l'accord, émettant des réserves, sans fournir plus de détails. Depuis la chute de la dictature des Duvalier en 1986, l'histoire du pays est caractérisée par l'instabilité politique qui entrave son développement économique. Au cours des trois dernières décennies, seul un président démocratiquement élu, René Préval, a pu achever ses mandats tout en transmettant le pouvoir à un successeur élu au suffrage universel. (Belga)