Présentée comme un geste de "réconciliation" par Madrid, sa grâce et celle de huit autres dirigeants séparatistes leur a permis de sortir de prison mercredi mais pour Jordi Cuixart, elle ne résout en rien la crise séparatiste dans cette riche région du nord-est de l'Espagne. "Cette grâce n'est pas une volonté de résolution du conflit politique", estime le président de l'organisation séparatiste Omnium Cultural, âgé de 46 ans, dans un entretien à l'AFP. Mettant en avant les critiques au sein de la société catalane, même non indépendantiste, ou de la part d'organisations internationales comme Amnesty à l'égard de leur incarcération, il affirme qu'elle a été décidée car "nous dérangeons l'Etat espagnol en prison". Cuixart avait été arrêté le 16 octobre 2017 après une manifestation devant un bâtiment du gouvernement régional perquisitionné à l'issue de laquelle des véhicules des forces de l'ordre avaient été détruits. En 2019, il a été condamné à 9 ans de prison pour sédition. "Je ne regrette rien" L'image de Cuixart, s'adressant aux manifestants debout sur un véhicule des forces de l'ordre, est restée comme l'une des images de la tentative de sécession d'octobre 2017, l'une des pires crises politiques vécues par l'Espagne depuis la fin de la dictature franquiste. Le gouvernement séparatiste de Carles Puigdemont avait alors organisé, malgré son interdiction par la justice, un référendum d'autodétermination émaillée de violences policières. Le Parlement régional catalan avait ensuite voté, quelques semaines plus tard, une vaine déclaration unilatérale d'indépendance. En réponse, Madrid avait destitué le gouvernement régional et mis la région autonome sous tutelle. Cuixart assure avoir beaucoup réfléchi dans sa cellule à ces évènements et ne trouve rien à redire. "Je ne regrette rien à part (...) la violence exercée contre des citoyens" par les forces de l'ordre espagnoles lors du référendum du 1er octobre, insiste-t-il. D'autres indépendantistes comme l'ancien vice-président régional Oriol Junqueras, condamné à 13 ans de prison et gracié lui aussi, ont en revanche fait une autocritique sur l'aspect unilatéral de cette tentative de sécession. Jordi Cuixart considère en revanche que la négociation, qui doit reprendre prochainement entre le gouvernement central et le gouvernement régional séparatiste, peut représenter un "point d'inflexion" après cette grâce. "Je ne vois pas la société espagnole préparée à des avancées en matière d'autonomie, mais la responsabilité des politiques est de dialoguer", poursuit cet indépendantiste aux cheveux longs dans la nuque et à l'oreille percée dont la famille parlait espagnol à la maison, et non catalan. Fervent avocat du droit à l'autodétermination, que les indépendantistes vont réclamer à Madrid lors de cette négociation, il est toutefois conscient que le gouvernement central y reste catégoriquement opposé. (Belga)

Présentée comme un geste de "réconciliation" par Madrid, sa grâce et celle de huit autres dirigeants séparatistes leur a permis de sortir de prison mercredi mais pour Jordi Cuixart, elle ne résout en rien la crise séparatiste dans cette riche région du nord-est de l'Espagne. "Cette grâce n'est pas une volonté de résolution du conflit politique", estime le président de l'organisation séparatiste Omnium Cultural, âgé de 46 ans, dans un entretien à l'AFP. Mettant en avant les critiques au sein de la société catalane, même non indépendantiste, ou de la part d'organisations internationales comme Amnesty à l'égard de leur incarcération, il affirme qu'elle a été décidée car "nous dérangeons l'Etat espagnol en prison". Cuixart avait été arrêté le 16 octobre 2017 après une manifestation devant un bâtiment du gouvernement régional perquisitionné à l'issue de laquelle des véhicules des forces de l'ordre avaient été détruits. En 2019, il a été condamné à 9 ans de prison pour sédition. "Je ne regrette rien" L'image de Cuixart, s'adressant aux manifestants debout sur un véhicule des forces de l'ordre, est restée comme l'une des images de la tentative de sécession d'octobre 2017, l'une des pires crises politiques vécues par l'Espagne depuis la fin de la dictature franquiste. Le gouvernement séparatiste de Carles Puigdemont avait alors organisé, malgré son interdiction par la justice, un référendum d'autodétermination émaillée de violences policières. Le Parlement régional catalan avait ensuite voté, quelques semaines plus tard, une vaine déclaration unilatérale d'indépendance. En réponse, Madrid avait destitué le gouvernement régional et mis la région autonome sous tutelle. Cuixart assure avoir beaucoup réfléchi dans sa cellule à ces évènements et ne trouve rien à redire. "Je ne regrette rien à part (...) la violence exercée contre des citoyens" par les forces de l'ordre espagnoles lors du référendum du 1er octobre, insiste-t-il. D'autres indépendantistes comme l'ancien vice-président régional Oriol Junqueras, condamné à 13 ans de prison et gracié lui aussi, ont en revanche fait une autocritique sur l'aspect unilatéral de cette tentative de sécession. Jordi Cuixart considère en revanche que la négociation, qui doit reprendre prochainement entre le gouvernement central et le gouvernement régional séparatiste, peut représenter un "point d'inflexion" après cette grâce. "Je ne vois pas la société espagnole préparée à des avancées en matière d'autonomie, mais la responsabilité des politiques est de dialoguer", poursuit cet indépendantiste aux cheveux longs dans la nuque et à l'oreille percée dont la famille parlait espagnol à la maison, et non catalan. Fervent avocat du droit à l'autodétermination, que les indépendantistes vont réclamer à Madrid lors de cette négociation, il est toutefois conscient que le gouvernement central y reste catégoriquement opposé. (Belga)