Deux avions militaires américains C-17 ont atterri à l'aéroport de Cucuta, lors de la seconde phase d'une opération qualifiée de "show politique" par le président vénézuélien Nicolas Maduro, et qui vise à pallier les pénuries d'aliments et de médicaments dont souffre l'ancienne puissance pétrolière, en plein marasme économique. Une délégation des Etats-Unis, dirigée par le secrétaire de l'agence pour le développement international (USAID), Mark Green, était présente à la livraison de cette aide, stockée dans des entrepôts près du pont international de Tienditas, qui unit la Colombie au Venezuela, mais barré par l'armée vénézuélienne, notamment à l'aide de conteneurs. L'envoyée du département d'Etat américain, Julie Chung, a averti les militaires qui restent loyaux à Nicolas Maduro de ne pas bloquer l'entrée de l'aide, expédiée à l'appel de l'opposant Juan Guaido, reconnu président intérimaire par une cinquantaine de pays et qui a appelé à manifester samedi prochain pour la réclamer. "Vos concitoyens fuient et meurent de faim. Vous commettez une terrible, terrible erreur en bloquant cette aide", a déclaré Mme Chung lors d'une conférence de presse à Cucuta. L'un des avions, en provenance de la base de Homestead, à Miami, a notamment apporté 70 tonnes d'aide, dont des suppléments nutritionnels, des produits d'hygiène, ainsi que des monte-charges et du personnel pour aider à décharger la cargaison. Elle s'ajoute à d'autres envois des Etats-Unis et de Porto Rico stockés à Cucuta, sous la surveillance des autorités colombiennes depuis le 7 février. De nouveaux avions sont attendus avant le jour J du 23 février fixé par Juan Guaido pour l'entrée de l'aide au Venezuela. Le gouvernement chaviste de Nicolas Maduro nie l'urgence humanitaire et a averti qu'il n'autoriserait pas l'entrée de l'aide qu'il considère comme une étape avant une intervention militaire américaine. La lutte pour le pouvoir au Venezuela intervient alors que le pays est confronté à la pire crise de son histoire, marquée par l'hyperinflation et des pénuries de produits de première nécessité. Environ 2,3 millions de Vénézuéliens ont fui leur pays depuis 2015, selon l'ONU. (Belga)