Le gouvernement péruvien avait annoncé jeudi qu'il imposait à partir du 15 juin des visas "humanitaires" aux ressortissants vénézuéliens, qui en étaient jusqu'à présent exemptés, en raison de la crise qui a poussé des millions d'entre eux à quitter leur pays. Cette obligation s'ajoutait à celle de voyager muni d'un passeport, un document très difficile à obtenir au Venezuela en raison de son coût élevé et de la bureaucratie. "Pour des raisons humanitaires, le gouvernement a décidé que pourront continuer à entrer dans le pays les Vénézuéliens mineurs ou les adultes en situation de vulnérabilité", a déclaré le ministre des affaires étrangères péruvien Nestor Popolizio à la station RPP. Selon le ministre, bénéficieront notamment de cet assouplissement les mineurs allant au Pérou pour rejoindre leurs parents et qui n'ont pas de carte d'identité ni de passeport mais uniquement un certificat de naissance. Il en sera de même pour les femmes enceintes, les adultes allant au Pérou pour y rejoindre leur famille proche déjà installée dans le pays, et les adultes en situation d'extrême vulnérabilité. Plus de trois millions de Vénézuéliens, soit un dixième de la population, ont émigré depuis 2015 en raison de l'effondrement de l'économie et de la grave crise politique dans leur pays, selon les Nations unies. Environ 800.000 d'entre eux se sont installés au Pérou depuis janvier 2017. Plus de 12.000 se sont empressés de passer la frontière péruvienne depuis trois jours, en prévision de l'entrée en vigueur de l'obligation de visa. "Ce que nous voulons, c'est une migration ordonnée et plus sûre, pour les Péruviens et pour les migrants vénézuéliens", a expliqué M. Popolizio. (Belga)