Une aide fédérale et une prime régionale. Vite. "Sinon c'est la catastrophe pour beaucoup." Bernard Jacquemin est très inquiet. Président de l'Union nationale des professions libérales et intellectuelles de Belgique (Unplib), représentant surtout francophone des quatre piliers de ces professions (soins de santé, juridique, économique et technique), il voit le secteur mis K.O. debout par la crise sanitaire. "Au niveau francophone, 80% de nos 56.000 membres se disent en difficulté ou sur le point d'y basculer. L'immense majorité estimait début octobre pouvoir tenir trois mois maximum. On y arrive. Nous voulons donc surtout un droit passerelle mensuel, avec effet rétroactif au 1er novembre, vrai début de la deuxième vague."
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Une aide fédérale et une prime régionale. Vite. "Sinon c'est la catastrophe pour beaucoup." Bernard Jacquemin est très inquiet. Président de l'Union nationale des professions libérales et intellectuelles de Belgique (Unplib), représentant surtout francophone des quatre piliers de ces professions (soins de santé, juridique, économique et technique), il voit le secteur mis K.O. debout par la crise sanitaire. "Au niveau francophone, 80% de nos 56.000 membres se disent en difficulté ou sur le point d'y basculer. L'immense majorité estimait début octobre pouvoir tenir trois mois maximum. On y arrive. Nous voulons donc surtout un droit passerelle mensuel, avec effet rétroactif au 1er novembre, vrai début de la deuxième vague." Qui a englouti beaucoup de kinés, d'ostéopathes, de logopèdes, de géomètres, de traducteurs jurés. "Pas parce qu'on leur interdit d'exercer, détaille Bernard Jacquemin. Parce que leur agenda est dévasté. Clients et patients ne se déplacent plus, soit par peur de contracter le virus, soit parce qu'ils l'ont contracté et sont en quarantaine, soit parce qu'ils n'en ont plus les moyens. Pour la plupart des prestataires de soins de santé, le chiffre d'affaires de novembre tourne autour de 40% de l'habituel. Et c'est pire pour ceux qui ne travaillent que dans des hôpitaux, des écoles ou des maisons de repos: ils ont vu leur service fermé ou leur accès à l'infrastructure refusé." Aucun des quatre piliers ne serait épargné. L'Unplib a donc sollicité David Clarinval, ministre fédéral MR des Classes moyennes, des Indépendants et des PME, et les Régions wallonne et bruxelloise. "Le premier ne promet rien avant janvier. Avec les deux autres, rien n'est même envisagé. Or, beaucoup sont au bord du gouffre. Cette crise sévit depuis pratiquement une année. Lors de la première vague, certains n'ont pas travaillé pendant huit semaines. Alors que, tous les mois, il faut rembourser des emprunts, payer le loyer, lesfactures, les assurances, et tous les trimestres les cotisations sociales. La plupart n'a pas eu le temps de se confectionner un bas de laine pour affronter ce deuxième confinement. Sans parler d'un éventuel troisième, dans quelques mois. Nous vivons la peur au ventre. Avec le sentiment d'être les oubliés. Pourquoi certains sont aidés, à raison, et nous pas, dans cette deuxième vague?" Un changement de considération envers l'Etat-providence, cet appel à intervention? "Non. Ce n'est pas du tout dans nos principes, dans nos gènes. Notre revendication est tout à fait exceptionnelle, vu cette situation inédite et imprévisible. On ne veut pas profiter de l'Etat mais on est aux abois. On se tourne vers l'Etat en dernier recours. En espérant que ce recours soit le plus court possible. Il n'y a pas lieu d'opérer de rapprochement entre la situation du chômeur, occasionnel ou de longue durée, et la crise que nous traversons." Au printemps, les professions libérales s'étaient vues octroyer un droit passerelle (1.614 ou 1.291 euros, selon charge de famille ou non) pour autant qu'il y ait eu arrêt de toute activité pendant sept jours consécutifs au cours d'un même mois, avec en plus une prime régionale, entre 2 000 et 3 000 euros. Au cabinet de David Clarinval, on fait savoir qu'"il est prévu de les faire bénéficier du droit passerelle l'an prochain, dans le cadre du nouveau droit passerelle que nous préparons" (les discussions entre cabinets se déroulent cette première semaine de décembre). Mais "il faudra justifier d'un niveau de baisse du chiffre d'affaires" et l'effet rétroactif au 1er novembre "n'est pas à l'ordre du jour".