Les Mutualités libres ont mené une enquête auprès de 2.200.000 de leurs membres pour avoir une idée précise et réaliste de l'impact de la pandémie du Covid-19 sur la prise en charge des patients atteints de maladies chroniques. Pour ce faire, elles ont croisé les données de remboursement des soins de santé avec les données relatives à l'utilisation de médicaments. Et plusieurs constats ont été faits.

Consultations chez un généraliste ou un spécialiste

En comparant les chiffres entre 2019 et 2020, les Mutualités libres ont démontré une baisse 3,2 % des consultations chez le médecin généraliste et de 9 % chez un spécialiste pour les personnes atteintes d'une maladie chronique. Il y a aussi une baisse pour les personnes non concernées par des maladies chroniques, de 4.8 % pour une consultation chez un généraliste et de 9.6 % pour les consultations chez un spécialiste.

Des baisses que l'étude explique de deux façons différentes. La première, les hôpitaux ont dû - au plus fort de la pandémie - reporter des soins non urgents et donc d'annuler des consultations. Seconde explication, la peur des gens de sortir de chez eux et de se faire infecter en allant à l'hôpital ou dans un cabinet.

Dépistage des maladies

Un des problèmes majeurs pointés par cette étude est le retard pris dans le dépistage des cancers et des maladies cardio-vasculaires. Les Mutualités libres constatent une importante baisse de ces derniers, pouvant aller jusqu'à -25 %. Au total, on s'inquiète que ce soient des milliers de personnes qui n'aient pas pu se faire dépister l'an dernier, avec 4.000 personnes n'ayant pas pu se faire diagnostiquer un cancer par exemple. Autre fait inquiétant, les hospitalisations dans les services de diagnostic et traitement chirurgical ou médical ont connu une grande baisse, ils font partie des secteurs les plus impactés.

Pour les personnes déjà diagnostiquées du cancer, l'étude est moins alarmiste. Même si elle note une baisse des consultations en cancérologie et pour les traitements de chimiothérapie, elle précise que ce n'est pas au point de mettre en péril certains traitements.

Moins d'hospitalisation

Les admissions à l'hôpital ont aussi connu une baisse en 2020, à cause du Covid-19. La plus grosse baisse a été enregistrée au mois d'avril, alors que le pays vivait son premier confinement strict. Les hôpitaux ont alors enregistré 49 % d'admissions en moins pour des séjours d'au moins une nuit. Les admissions pour soin d'urgence ont aussi chuté, on enregistre en moyenne une baisse de 25 % par rapport à 2019. Par soins d'urgence, l'étude entend accident vasculaire cérébral, traitement d'arythmie cardiaque et prostatectomie accident vasculaire cérébral, traitement d'arythmie cardiaque et prostatectomie.

Problèmes de santé mentale

La population belge a souffert d'angoisse, d'anxiété voire de dépression durant cette pandémie. D'après Sciensano, les troubles anxieux ou dépressifs ont doublé dans la population durant la pandémie. Problème, les Mutualités libres ont de leur côté remarqué que les consultations physiques chez les psychiatres et psychologues avaient, elles, chuté. La demande pour ces spécialistes a aussi baissé, moins 25 % par rapport à 2019. Par contre, la vente d'antidépresseurs et d'antipsychotiques sur ordonnance ont connu un bond entre mars et mai 2020, augmentant de 11 %. L'étude explique ce bond par le stockage de médicament par les personnes ayant des maladies chroniques.

Impact sur la santé

Si, lors de la pandémie, beaucoup de professionnels de la santé s'inquiétaient des conséquences des reports de soins, cette étude met en avant de façon concrète les conséquences du Covid sur les autres maladies. Il semble que 40 % des Belges trouvent que le report des soins a eu un impact sur leur état de santé. L'OMS a d'ailleurs récemment comptabilisé les morts dus au Covid, en rajoutant à ces chiffres les décès indirects dus au virus dans lesquels les personnes n'ayant pas pu se faire soigner pour une autre maladie.

Marine Andrieu

Les Mutualités libres ont mené une enquête auprès de 2.200.000 de leurs membres pour avoir une idée précise et réaliste de l'impact de la pandémie du Covid-19 sur la prise en charge des patients atteints de maladies chroniques. Pour ce faire, elles ont croisé les données de remboursement des soins de santé avec les données relatives à l'utilisation de médicaments. Et plusieurs constats ont été faits.Consultations chez un généraliste ou un spécialisteEn comparant les chiffres entre 2019 et 2020, les Mutualités libres ont démontré une baisse 3,2 % des consultations chez le médecin généraliste et de 9 % chez un spécialiste pour les personnes atteintes d'une maladie chronique. Il y a aussi une baisse pour les personnes non concernées par des maladies chroniques, de 4.8 % pour une consultation chez un généraliste et de 9.6 % pour les consultations chez un spécialiste.Des baisses que l'étude explique de deux façons différentes. La première, les hôpitaux ont dû - au plus fort de la pandémie - reporter des soins non urgents et donc d'annuler des consultations. Seconde explication, la peur des gens de sortir de chez eux et de se faire infecter en allant à l'hôpital ou dans un cabinet.Dépistage des maladiesUn des problèmes majeurs pointés par cette étude est le retard pris dans le dépistage des cancers et des maladies cardio-vasculaires. Les Mutualités libres constatent une importante baisse de ces derniers, pouvant aller jusqu'à -25 %. Au total, on s'inquiète que ce soient des milliers de personnes qui n'aient pas pu se faire dépister l'an dernier, avec 4.000 personnes n'ayant pas pu se faire diagnostiquer un cancer par exemple. Autre fait inquiétant, les hospitalisations dans les services de diagnostic et traitement chirurgical ou médical ont connu une grande baisse, ils font partie des secteurs les plus impactés.Pour les personnes déjà diagnostiquées du cancer, l'étude est moins alarmiste. Même si elle note une baisse des consultations en cancérologie et pour les traitements de chimiothérapie, elle précise que ce n'est pas au point de mettre en péril certains traitements.Moins d'hospitalisationLes admissions à l'hôpital ont aussi connu une baisse en 2020, à cause du Covid-19. La plus grosse baisse a été enregistrée au mois d'avril, alors que le pays vivait son premier confinement strict. Les hôpitaux ont alors enregistré 49 % d'admissions en moins pour des séjours d'au moins une nuit. Les admissions pour soin d'urgence ont aussi chuté, on enregistre en moyenne une baisse de 25 % par rapport à 2019. Par soins d'urgence, l'étude entend accident vasculaire cérébral, traitement d'arythmie cardiaque et prostatectomie accident vasculaire cérébral, traitement d'arythmie cardiaque et prostatectomie.Problèmes de santé mentaleLa population belge a souffert d'angoisse, d'anxiété voire de dépression durant cette pandémie. D'après Sciensano, les troubles anxieux ou dépressifs ont doublé dans la population durant la pandémie. Problème, les Mutualités libres ont de leur côté remarqué que les consultations physiques chez les psychiatres et psychologues avaient, elles, chuté. La demande pour ces spécialistes a aussi baissé, moins 25 % par rapport à 2019. Par contre, la vente d'antidépresseurs et d'antipsychotiques sur ordonnance ont connu un bond entre mars et mai 2020, augmentant de 11 %. L'étude explique ce bond par le stockage de médicament par les personnes ayant des maladies chroniques.Impact sur la santéSi, lors de la pandémie, beaucoup de professionnels de la santé s'inquiétaient des conséquences des reports de soins, cette étude met en avant de façon concrète les conséquences du Covid sur les autres maladies. Il semble que 40 % des Belges trouvent que le report des soins a eu un impact sur leur état de santé. L'OMS a d'ailleurs récemment comptabilisé les morts dus au Covid, en rajoutant à ces chiffres les décès indirects dus au virus dans lesquels les personnes n'ayant pas pu se faire soigner pour une autre maladie.Marine Andrieu