"Ne permettons pas que la pandémie, qui nous oblige à la distanciation sociale entre individus, divise aussi notre société!", a déclaré Frank-Walter Steinmeier lors d'une cérémonie à Berlin en présence des principaux dirigeants du pays, dont la chancelière, et de familles des victimes. "Nous sommes épuisés par le poids de la pandémie, usés par les controverses autour de la meilleure stratégie" à mener, a-t-il ajouté, tout en justifiant les privations de liberté. "Je suis conscient que les restrictions, qui sont nécessaires en période d'exception telle qu'une pandémie, peuvent avoir provoqué involontairement des souffrances", a souligné le président allemand, "mais je sais aussi que les dirigeants politiques devaient prendre des décisions difficiles pour éviter une catastrophe encore plus grande". Plusieurs pays ont déjà rendu des hommages nationaux à leurs victimes de la pandémie qui a fait quelque 3 million de morts dans le monde, notamment les Etats-Unis, la Grande-Bretagne, l'Espagne ou l'Italie. Dans d'autres, comme la France, la question du calendrier pour une telle commémoration, que réclament des associations et des élus, continue à faire débat. Le chef de l'Etat allemand a symboliquement allumé une bougie en mémoire des personnes décédées du Covid-10 en Allemagne à ce jour. Il l'a fait aux côtés d'une mère de famille, qui a perdu sa fille de 23 ans. L'épouse d'un médecin de 59 ans décédé, Anita Schedel, a témoigné de la difficulté du deuil pour les proches. "Après être arrivé à l'hôpital, mon mari m'a appelé pour me dire: +Ne te fais pas de souci, je suis entre de bonnes mains, nous allons bientôt pouvoir nous retrouver. Ce furent ses derniers mots", a-t-elle dit lors de la commémoration. "Encore aujourd'hui le souvenir des longs couloirs de l'hôpital me hante, celui des machines clignotantes et de mon mari marqué par la maladie. J'ai pu au moins tenir sa main", avant qu'il ne meure, a-t-elle encore témoigné. Elle a appelé les Allemands "à tenir bon" malgré les difficultés des restrictions. La commémoration intervient au moment où l'Allemagne est durement frappée par la troisième vague de l'épidémie, alors qu'elle avait été plutôt épargnée lors de la première au printemps 2020. Le pays comptait dimanche 3,14 millions d'infections. Dans le même temps la campagne de vaccination a mis du temps à décoller, même si désormais environ 20% de la population a pu bénéficier d'une première injection. Les autorités sont sous le feu permanent des critiques pour leur gestion jugée chaotique de la pandémie, avec notamment des tiraillements entre le gouvernement fédéral de la chancelière et les régions, très jalouses de leurs prérogatives en matière de santé dans le système fédéral national. Angela Merkel, qui campe sur une ligne de fermeté, a fait adopter cette semaine par son gouvernement un projet de loi lui permettant d'imposer à l'ensemble du pays un tour de vis, pouvant aller jusqu'à des couvre-feux au niveau local. Cette mesure est toutefois très critiquée dans les régions, y compris par des barons du propre parti conservateur (CDU) d'Angela Merkel. Le texte doit encore être approuvé au Parlement. "Le virus ne pardonne pas les demi-mesures, elles ne font que l'aggraver", a prévenu la chancelière vendredi en le défendant. (Belga)

"Ne permettons pas que la pandémie, qui nous oblige à la distanciation sociale entre individus, divise aussi notre société!", a déclaré Frank-Walter Steinmeier lors d'une cérémonie à Berlin en présence des principaux dirigeants du pays, dont la chancelière, et de familles des victimes. "Nous sommes épuisés par le poids de la pandémie, usés par les controverses autour de la meilleure stratégie" à mener, a-t-il ajouté, tout en justifiant les privations de liberté. "Je suis conscient que les restrictions, qui sont nécessaires en période d'exception telle qu'une pandémie, peuvent avoir provoqué involontairement des souffrances", a souligné le président allemand, "mais je sais aussi que les dirigeants politiques devaient prendre des décisions difficiles pour éviter une catastrophe encore plus grande". Plusieurs pays ont déjà rendu des hommages nationaux à leurs victimes de la pandémie qui a fait quelque 3 million de morts dans le monde, notamment les Etats-Unis, la Grande-Bretagne, l'Espagne ou l'Italie. Dans d'autres, comme la France, la question du calendrier pour une telle commémoration, que réclament des associations et des élus, continue à faire débat. Le chef de l'Etat allemand a symboliquement allumé une bougie en mémoire des personnes décédées du Covid-10 en Allemagne à ce jour. Il l'a fait aux côtés d'une mère de famille, qui a perdu sa fille de 23 ans. L'épouse d'un médecin de 59 ans décédé, Anita Schedel, a témoigné de la difficulté du deuil pour les proches. "Après être arrivé à l'hôpital, mon mari m'a appelé pour me dire: +Ne te fais pas de souci, je suis entre de bonnes mains, nous allons bientôt pouvoir nous retrouver. Ce furent ses derniers mots", a-t-elle dit lors de la commémoration. "Encore aujourd'hui le souvenir des longs couloirs de l'hôpital me hante, celui des machines clignotantes et de mon mari marqué par la maladie. J'ai pu au moins tenir sa main", avant qu'il ne meure, a-t-elle encore témoigné. Elle a appelé les Allemands "à tenir bon" malgré les difficultés des restrictions. La commémoration intervient au moment où l'Allemagne est durement frappée par la troisième vague de l'épidémie, alors qu'elle avait été plutôt épargnée lors de la première au printemps 2020. Le pays comptait dimanche 3,14 millions d'infections. Dans le même temps la campagne de vaccination a mis du temps à décoller, même si désormais environ 20% de la population a pu bénéficier d'une première injection. Les autorités sont sous le feu permanent des critiques pour leur gestion jugée chaotique de la pandémie, avec notamment des tiraillements entre le gouvernement fédéral de la chancelière et les régions, très jalouses de leurs prérogatives en matière de santé dans le système fédéral national. Angela Merkel, qui campe sur une ligne de fermeté, a fait adopter cette semaine par son gouvernement un projet de loi lui permettant d'imposer à l'ensemble du pays un tour de vis, pouvant aller jusqu'à des couvre-feux au niveau local. Cette mesure est toutefois très critiquée dans les régions, y compris par des barons du propre parti conservateur (CDU) d'Angela Merkel. Le texte doit encore être approuvé au Parlement. "Le virus ne pardonne pas les demi-mesures, elles ne font que l'aggraver", a prévenu la chancelière vendredi en le défendant. (Belga)