Avec 124 voix pour sur un total de 203 votants, 78 contre, 1 abstention, le texte a, sans surprise, été adopté en séance plénière par le parlement dominé par le Rassemblement des houphouétistes pour la démocratie et la paix (RHDP), la coalition du président Alassane Ouattara. La nouvelle CEI doit comprendre 15 membres, contre 17 auparavant: un représentant du président de la République, un du ministre de l'Intérieur, six de la société civile, six des partis politiques - équitablement répartis entre le pouvoir et l'opposition - et un représentant du Conseil supérieur de la magistrature. La Cour africaine des droits de l'homme avait rendu en 2016 un arrêt enjoignant au gouvernement ivoirien de réformer la commission. Le ministre ivoirien de l'Intérieur et de la Sécurité, Sidiki Diakité, assure que le texte "apporte un meilleur équilibre dans la composition des organes de la commission centrale, du bureau et des commissions locales". "C'est une remise en cause des acquis démocratiques, de tous les bonds qualitatifs obtenus dans le passé", s'est insurgé le député Alain Lobognon, membre du groupe parlementaire "Rassemblement" de Guillaume Soro, dénonçant une "mainmise du parti au pouvoir sur la CEI". L'opposition juge que la composition de la nouvelle commission ne présente pas de garanties d'indépendance, estimant que trop de ses membres seront nommés par le pouvoir ou des organismes liés au pouvoir en place. Le Parlement ivoirien compte 255 députés, dont 166 sont issus du parti au pouvoir du RHDP. La crédibilité de la CEI est jugée cruciale en vue de la présidentielle de 2020 qui s'annonce tendue, dix ans après la crise post-électorale ivoirienne. Celle-ci avait fait plus de 3.000 morts après le refus du président Laurent Gbagbo d'admettre sa défaite face à l'actuel chef de l'Etat, Alassane Ouattara. (Belga)