Jeudi, la famille Reyes s'est rendue dans "six hôpitaux (publics) et une clinique" pour essayer de le faire hospitaliser. En vain. Elle n'a d'autre remède que de continuer à le soigner à domicile. Trouver de l'oxygène est un défi quotidien et les Vénézuéliens doivent s'armer de patience et de débrouillardise, tout comme de nombreuses familles de malades soignés à domicile au Brésil, au Mexique ou encore au Pérou. La demande en oxygène a triplé voire quadruplé ces dernières semaines au Venezuela, selon Jaime Lorenzo, de l'ONG Médicos Unidos. Arrivée dès les premières heures devant le magasin-atelier, Videlba, visage fatigué et voix éraillée, attend "pour voir s'ils peuvent me vendre une recharge pour la bonbonne". Cette comptable de 44 ans ne cesse de regarder son téléphone, craignant une mauvaise nouvelle. Chaque seconde compte: son beau-frère de 58 ans a un taux de saturation en oxygène dans le sang très faible, et il n'est plus alimenté en oxygène depuis plus d'une heure. "C'est une véritable torture, ça fait deux, trois semaines qu'on vit ça. Il n'y a pas toujours de l'oxygène en vente", explique-t-elle. Ce drame qui se noue est le lot commun de nombreux vénézuéliens. Une trentaine de familles attendent en file indienne pour recharger leurs bonbonnes. Le Venezuela, 30 millions d'habitants, fait face à une deuxième vague de la pandémie depuis l'arrivée du "variant brésilien". Le pays a enregistré 170.000 cas dont plus de 20.000 en mars, pour un peu moins de 1.700 décès depuis le début de la pandémie, selon les chiffres officiels, contestés par l'opposition. Si le président vénézuélien Nicolas Maduro a récemment demandé aux patients de venir dès les premiers symptômes dans les hôpitaux, ceux-ci sont dans l'incapacité d'accueillir le flot de malades. Bien que certains hôpitaux publics, comme celui de Los Teques à Caracas, assurent disposer de quantités suffisantes d'oxygène, ailleurs dans le pays de nombreux témoins affirment que les familles doivent elles-mêmes fournir le gaz devenu si précieux. Outre le problème de la pénurie, il y a aussi celui du coût dans un pays en plein marasme économique et frappé par les sanctions internationales. Le prix d'une bouteille peut grimper jusqu'à 1.500 dollars. La recharger coûte 30 dollars. De nombreux Vénézuéliens ont recours à l'aide de leur famille ou en appellent aux sites internet de financement participatif pour faire face aux dépenses. "On sort de l'argent d'on ne sait où pour pouvoir faire ce qu'on a à faire", explique Ramon Lopez, 59 ans, commerçant, dont la mère de 86 ans est atteinte par le virus. Pendant ce temps, Videlba a enfin réussi sa mission. Un des employés l'aide à charger deux bouteilles d'oxygène dans sa voiture. "Quelqu'un qui ne gagne pas assez pour se payer une bonbonne est condamné à mourir", dit-elle. "Je peux comprendre qu'il n'y a plus de place dans les hôpitaux mais qu'on nous donne de l'oxygène, qu'on nous donne des médicaments. On a besoin d'aide, on a besoin que le gouvernement nous aide". (Belga)

Jeudi, la famille Reyes s'est rendue dans "six hôpitaux (publics) et une clinique" pour essayer de le faire hospitaliser. En vain. Elle n'a d'autre remède que de continuer à le soigner à domicile. Trouver de l'oxygène est un défi quotidien et les Vénézuéliens doivent s'armer de patience et de débrouillardise, tout comme de nombreuses familles de malades soignés à domicile au Brésil, au Mexique ou encore au Pérou. La demande en oxygène a triplé voire quadruplé ces dernières semaines au Venezuela, selon Jaime Lorenzo, de l'ONG Médicos Unidos. Arrivée dès les premières heures devant le magasin-atelier, Videlba, visage fatigué et voix éraillée, attend "pour voir s'ils peuvent me vendre une recharge pour la bonbonne". Cette comptable de 44 ans ne cesse de regarder son téléphone, craignant une mauvaise nouvelle. Chaque seconde compte: son beau-frère de 58 ans a un taux de saturation en oxygène dans le sang très faible, et il n'est plus alimenté en oxygène depuis plus d'une heure. "C'est une véritable torture, ça fait deux, trois semaines qu'on vit ça. Il n'y a pas toujours de l'oxygène en vente", explique-t-elle. Ce drame qui se noue est le lot commun de nombreux vénézuéliens. Une trentaine de familles attendent en file indienne pour recharger leurs bonbonnes. Le Venezuela, 30 millions d'habitants, fait face à une deuxième vague de la pandémie depuis l'arrivée du "variant brésilien". Le pays a enregistré 170.000 cas dont plus de 20.000 en mars, pour un peu moins de 1.700 décès depuis le début de la pandémie, selon les chiffres officiels, contestés par l'opposition. Si le président vénézuélien Nicolas Maduro a récemment demandé aux patients de venir dès les premiers symptômes dans les hôpitaux, ceux-ci sont dans l'incapacité d'accueillir le flot de malades. Bien que certains hôpitaux publics, comme celui de Los Teques à Caracas, assurent disposer de quantités suffisantes d'oxygène, ailleurs dans le pays de nombreux témoins affirment que les familles doivent elles-mêmes fournir le gaz devenu si précieux. Outre le problème de la pénurie, il y a aussi celui du coût dans un pays en plein marasme économique et frappé par les sanctions internationales. Le prix d'une bouteille peut grimper jusqu'à 1.500 dollars. La recharger coûte 30 dollars. De nombreux Vénézuéliens ont recours à l'aide de leur famille ou en appellent aux sites internet de financement participatif pour faire face aux dépenses. "On sort de l'argent d'on ne sait où pour pouvoir faire ce qu'on a à faire", explique Ramon Lopez, 59 ans, commerçant, dont la mère de 86 ans est atteinte par le virus. Pendant ce temps, Videlba a enfin réussi sa mission. Un des employés l'aide à charger deux bouteilles d'oxygène dans sa voiture. "Quelqu'un qui ne gagne pas assez pour se payer une bonbonne est condamné à mourir", dit-elle. "Je peux comprendre qu'il n'y a plus de place dans les hôpitaux mais qu'on nous donne de l'oxygène, qu'on nous donne des médicaments. On a besoin d'aide, on a besoin que le gouvernement nous aide". (Belga)