Depuis la propagation du virus, certains mettent en cause la manière dont cette crise sanitaire sans précédent est gérée, la non-anticipation de celle-ci, et d'autres remettent en cause les chiffres. La différence, parfois grande entre les statistiques des différents pays, soulève plusieurs questions sur la manière dont ces derniers monitorent le nombre de décès qui ont lieu sur leur territoire. Décrit comme un "vrai défi statistique" par l'institut français des études démographiques, l'Ined, la méthode de recensement varie de pays en pays et se base sur différents critères:lieu du décès, façon d'identifier les causes de la mort, délais différents de remontée des informations, entre autres. L'Iran, par exemple, ne compte que les décès ayant lieu à l'hôpital. Aux États-Unis, la méthode de comptage varie d'un État à l'autre: alors que New York compte les décès dans les maisons de retraite, la Californie ne le fait pas.

Chez nous, la méthode de comptage est simple. Tout décès survenu à l'hôpital avec un diagnostic de coronavirus est immédiatement signalé aux autorités. Le diagnostic devra en tout cas être confirmé par un test laboratoire avant que le cas ne soit validé. Pour les décès survenant hors du milieu hospitalier, la méthode est un peu différente. Ilssont notifiés par les autorités régionales et représentent les décès confirmés et possibles. Les décès possibles concernent des patients qui n'ont pas été testés pour le COVID-19, mais qui répondaient aux critères cliniques de la maladie, selon le médecin. C'est le cas de la grande majorité des personnes qui décèdent en dehors du cadre hospitalier. Un chiffre flou, donc, mais qui devrait être affiné dans les jours à venir suite à la vague de tests lancés dans ces institutions.

Si la méthode semble relativement simple, elle se corse en pratique. Comme précisé par le centre de crise à plusieurs reprises, les chiffres publiés doivent être consolidés avant de pouvoir être considérés comme sûrs. Cela réside dans plusieurs faits. Tout d'abord, le nombre de décès publié un jour ne couvre pas l'entièreté des décès survenus dans les précédentes 24 heures, car la collecte de données est arrêtée en milieu de journée. Ensuite, si un décès survient, il faudra parfois plusieurs jours au médecin responsable pour pouvoir faire remonter l'information ou que celui-ci soit confirmé comme étant lié au coronavirus.

La géographie de notre pays joue elle aussi son rôle dans le comptage. Si deux foyers se déclarent dans un grand pays et un petit pays et qu'ils se développent à la même vitesse, le petit pays aura un taux de mortalité qui sera plus grand. Et puis, la méthode évolue. Si les maisons de repos ont pendant un temps été mises de côté dans le dispositif de comptage, elles sont maintenant au coeur du système. Un décès sur trois en Wallonie est résident dans une maison de repos. L'ajout des chiffres concernant les maisons de repos constitue donc une des principales raisons de l'augmentation du nombre de morts en Belgique.

Julien Roubaud

Depuis la propagation du virus, certains mettent en cause la manière dont cette crise sanitaire sans précédent est gérée, la non-anticipation de celle-ci, et d'autres remettent en cause les chiffres. La différence, parfois grande entre les statistiques des différents pays, soulève plusieurs questions sur la manière dont ces derniers monitorent le nombre de décès qui ont lieu sur leur territoire. Décrit comme un "vrai défi statistique" par l'institut français des études démographiques, l'Ined, la méthode de recensement varie de pays en pays et se base sur différents critères:lieu du décès, façon d'identifier les causes de la mort, délais différents de remontée des informations, entre autres. L'Iran, par exemple, ne compte que les décès ayant lieu à l'hôpital. Aux États-Unis, la méthode de comptage varie d'un État à l'autre: alors que New York compte les décès dans les maisons de retraite, la Californie ne le fait pas.Chez nous, la méthode de comptage est simple. Tout décès survenu à l'hôpital avec un diagnostic de coronavirus est immédiatement signalé aux autorités. Le diagnostic devra en tout cas être confirmé par un test laboratoire avant que le cas ne soit validé. Pour les décès survenant hors du milieu hospitalier, la méthode est un peu différente. Ilssont notifiés par les autorités régionales et représentent les décès confirmés et possibles. Les décès possibles concernent des patients qui n'ont pas été testés pour le COVID-19, mais qui répondaient aux critères cliniques de la maladie, selon le médecin. C'est le cas de la grande majorité des personnes qui décèdent en dehors du cadre hospitalier. Un chiffre flou, donc, mais qui devrait être affiné dans les jours à venir suite à la vague de tests lancés dans ces institutions. Si la méthode semble relativement simple, elle se corse en pratique. Comme précisé par le centre de crise à plusieurs reprises, les chiffres publiés doivent être consolidés avant de pouvoir être considérés comme sûrs. Cela réside dans plusieurs faits. Tout d'abord, le nombre de décès publié un jour ne couvre pas l'entièreté des décès survenus dans les précédentes 24 heures, car la collecte de données est arrêtée en milieu de journée. Ensuite, si un décès survient, il faudra parfois plusieurs jours au médecin responsable pour pouvoir faire remonter l'information ou que celui-ci soit confirmé comme étant lié au coronavirus. La géographie de notre pays joue elle aussi son rôle dans le comptage. Si deux foyers se déclarent dans un grand pays et un petit pays et qu'ils se développent à la même vitesse, le petit pays aura un taux de mortalité qui sera plus grand. Et puis, la méthode évolue. Si les maisons de repos ont pendant un temps été mises de côté dans le dispositif de comptage, elles sont maintenant au coeur du système. Un décès sur trois en Wallonie est résident dans une maison de repos. L'ajout des chiffres concernant les maisons de repos constitue donc une des principales raisons de l'augmentation du nombre de morts en Belgique.Julien Roubaud