"Les négociateurs avancent tellement peu et tellement mal que cela stimule, presque par frustration et par réaction, énormément d'initiatives privées, dans le monde de la finance, de l'industrie, de l'économie. Vous avez des entreprises qui décident d'elles-mêmes d'aller de l'avant pour devenir neutre en CO2", souligne le père de la fondation "Solar Impulse". M. Piccard salue les banques qui refusent désormais de financer les énergies fossiles, la mue de la Banque européenne d'investissement (BEI) en une "banque du climat" et l'annonce par la Commission européenne d'un "Green deal", dont il est "un très grand fan" et qui vise à faire de l'Europe le premier continent à atteindre la neutralité carbone. "C'est extrêmement intelligent de faire cela. On a une feuille de route, c'est concret et on avance". La fondation "Solar Impulse" s'est fixée comme objectif de sélectionner et de mettre en lumière 1.000 solutions technologiques protégeant l'environnement et financièrement rentables. Si Bertrand Piccard ne croit pas que la technologie solutionnera à elle seule l'équation climatique, "pas toutes mais certaines technologies propres, comme les énergies renouvelables qui sont devenues rentables, permettent de faire un très gros bout du chemin en direction de la neutralité carbone, tout en créant des emplois", juge-t-il. "Mais il y a une autre chose à promouvoir, en plus de la technologie, c'est le bon sens", estime l'explorateur suisse, "aujourd'hui, on a perdu le bon sens. Le fait de décimer les populations d'abeilles, de détruire la biodiversité, de remplir les océans de plastique et l'atmosphère de CO2, et tout cela de manière complétement légale, c'est aberrant. Il faut aussi que les gouvernements prennent leurs responsabilités pour garantir la qualité de vie de leurs citoyens." Si le climat est naturellement au coeur des négociations à la COP25, des voix s'élèvent pour rappeler que lutte contre le réchauffement climatique et la préservation de la biodiversité sont les deux faces d'une même médaille. "Je pense qu'aujourd'hui, on ne fait pas du capitalisme", poursuit le Suisse, "parce que le capitalisme a comme but de faire grandir un capital. Aujourd'hui, on diminue le capital naturel, le capital climatique et le capital humain. (...) C'est invraisemblable de voir à quel point on détruit tout ce capital. On se met en danger climatique, en danger social, en danger par rapport à la nature. C'est juste aberrant." Interrogé sur les manifestations de jeunes qui se succèdent depuis des mois partout dans le monde, Bertrand Piccard estime que cela "rend un immense service au monde politique. "Les responsables politiques qui n'osent pas avancer parce qu'ils ne savent pas comment faire ou qu'ils ont peur d'aller trop vite et de ne pas être réélus, maintenant ils ont une vraie raison d'avancer s'ils veulent être réélus". (Belga)

"Les négociateurs avancent tellement peu et tellement mal que cela stimule, presque par frustration et par réaction, énormément d'initiatives privées, dans le monde de la finance, de l'industrie, de l'économie. Vous avez des entreprises qui décident d'elles-mêmes d'aller de l'avant pour devenir neutre en CO2", souligne le père de la fondation "Solar Impulse". M. Piccard salue les banques qui refusent désormais de financer les énergies fossiles, la mue de la Banque européenne d'investissement (BEI) en une "banque du climat" et l'annonce par la Commission européenne d'un "Green deal", dont il est "un très grand fan" et qui vise à faire de l'Europe le premier continent à atteindre la neutralité carbone. "C'est extrêmement intelligent de faire cela. On a une feuille de route, c'est concret et on avance". La fondation "Solar Impulse" s'est fixée comme objectif de sélectionner et de mettre en lumière 1.000 solutions technologiques protégeant l'environnement et financièrement rentables. Si Bertrand Piccard ne croit pas que la technologie solutionnera à elle seule l'équation climatique, "pas toutes mais certaines technologies propres, comme les énergies renouvelables qui sont devenues rentables, permettent de faire un très gros bout du chemin en direction de la neutralité carbone, tout en créant des emplois", juge-t-il. "Mais il y a une autre chose à promouvoir, en plus de la technologie, c'est le bon sens", estime l'explorateur suisse, "aujourd'hui, on a perdu le bon sens. Le fait de décimer les populations d'abeilles, de détruire la biodiversité, de remplir les océans de plastique et l'atmosphère de CO2, et tout cela de manière complétement légale, c'est aberrant. Il faut aussi que les gouvernements prennent leurs responsabilités pour garantir la qualité de vie de leurs citoyens." Si le climat est naturellement au coeur des négociations à la COP25, des voix s'élèvent pour rappeler que lutte contre le réchauffement climatique et la préservation de la biodiversité sont les deux faces d'une même médaille. "Je pense qu'aujourd'hui, on ne fait pas du capitalisme", poursuit le Suisse, "parce que le capitalisme a comme but de faire grandir un capital. Aujourd'hui, on diminue le capital naturel, le capital climatique et le capital humain. (...) C'est invraisemblable de voir à quel point on détruit tout ce capital. On se met en danger climatique, en danger social, en danger par rapport à la nature. C'est juste aberrant." Interrogé sur les manifestations de jeunes qui se succèdent depuis des mois partout dans le monde, Bertrand Piccard estime que cela "rend un immense service au monde politique. "Les responsables politiques qui n'osent pas avancer parce qu'ils ne savent pas comment faire ou qu'ils ont peur d'aller trop vite et de ne pas être réélus, maintenant ils ont une vraie raison d'avancer s'ils veulent être réélus". (Belga)