"A partir de 00h00 le 18 mai, les forces armées syriennes ont cessé le feu de manière unilatérale dans la zone de désescalade d'Idleb", a indiqué le Centre russe pour la réconciliation des belligérants, dans un communiqué. "Toutefois, des tirs visant les positions des forces gouvernementales et les civils dans les provinces (voisines) de Hama, de Lattaquié et d'Alep continuent", a-t-il ajouté. L'Observatoire syrien des droits de l'homme (OSDH) a cependant affirmé que les bombardements par les forces du régime syrien continuaient dimanche, malgré l'annonce de l'armée russe. Ainsi, des tirs d'artillerie attribués par l'OSDH au régime ont tué six civils à dans plusieurs localités de la province d'Idleb. L'Observatoire a fait état de frappes russes dimanche soir sur la localité de Kafranbel. L'agence étatique syrienne SANA a de son côté annoncé dans l'après-midi que des roquettes et tirs de mortiers avaient été lancés sur le nord de la province de Hama par des "groupes terroristes", utilisant la terminologie du régime pour désigner tant les djihadistes que les rebelles. Elle a ajouté que l'armée syrienne a répondu avec des tirs en détruisant des positions de Hayat Tahrir al-Cham (HTS, ex-branche syrienne d'Al-Qaïda) dans la zone. Vendredi, l'ONU a sonné l'alarme sur le risque d'une "catastrophe humanitaire" à Idleb si les violences continuaient, lors d'une réunion d'urgence du Conseil de sécurité. "Nous appelons toutes les parties à cesser les hostilités", a déclaré l'Américaine Rosemary DiCarlo, secrétaire générale adjointe de l'ONU pour les Affaires politiques. "On risque la catastrophe humanitaire", a-t-elle averti lors de cette session demandée par la Belgique, l'Allemagne et le Koweït, la deuxième en une semaine. Depuis fin avril, les forces syriennes et leurs alliés russes ont intensifié les attaques contre la province d'Idleb, zone décrétée "de désescalade" depuis septembre, faisant planer la crainte d'une offensive pour reprendre le contrôle de cette dernière enclave tenue par des groupes djihadistes. La Syrie est déchirée depuis 2011 par une guerre qui a fait plus de 370.000 morts, poussé à la fuite des millions de personnes et morcelé le pays. (Belga)