Deuxième ville de Syrie, Alep est tenue par le pouvoir de Bachar al-Assad et se situe non loin du bastion djihadiste d'Idleb, province dominée par les djihadistes de Hayat Tahrir al-Cham (HTS, ex-branche d'Al-Qaïda). Le régime et son allié russe ont intensifié depuis fin avril leurs frappes contre Idleb et les territoires insurgés adjacents. Les djihadistes répliquent avec des tirs de roquettes ou d'obus sur les régions gouvernementales. Mardi, six civils ont été tués par "des tirs de roquettes des groupes djihadistes" sur un quartier du sud d'Alep, selon l'Observatoire. La télévision nationale syrienne a confirmé la mort de six personnes dans des frappes des "terroristes", utilisant la terminologie du régime pour désigner tant les djihadistes que les rebelles. Depuis sa reconquête fin 2016 par le régime, Alep est sporadiquement la cible des djihadistes ou des rebelles, qui contrôlent encore des secteurs à l'ouest de la ville. Mardi, six civils ont également été tués dans des bombardements aériens du régime visant des secteurs insurgés d'Idleb ou du nord de la province voisine de Hama, selon l'OSDH. Dans la seule ville de Jisr al-Choughour à Idleb, les frappes du régime ont tué quatre personnes, d'après la même source. L'escalade de ces dernières semaines est la plus violente depuis que Moscou, qui appuie le régime, et Ankara, soutien de certains groupes rebelles, ont annoncé en septembre 2018 un accord sur une "zone démilitarisée" à Idleb. Elle devait séparer les territoires insurgés des zones gouvernementales et garantir un arrêt des hostilités. Entre fin avril et le 9 mai, les bombardements sur le sud d'Idleb et le nord de Hama ont poussé à la fuite quelque 180.000 personnes. Ces déplacés ont trouvé refuge dans des secteurs plus au nord, selon l'ONU. Et en un peu plus de deux semaines, 18 établissements médicaux ont été mis hors-service, a annoncé lundi le Bureau de coordination des affaires humanitaires de l'ONU (Ocha). La Syrie est déchirée depuis 2011 par une guerre qui a fait plus de 370.000 morts. (Belga)