Six civils ont été tués dans des raids aériens russes dans plusieurs endroits du sud de la province d'Idleb, a rapporté l'Observatoire syrien des droits de l'Homme (OSDH). Six autres civils ont péri dans des bombardements du régime dans la même région. Au total, 27 personnes ont été blessées dans ces raids. Abritant quelque trois millions d'habitants, une partie de la province d'Idleb et des secteurs adjacents dans les provinces voisines de Hama, Alep et Lattaquié restent dominés par les djihadistes de Hayat Tahrir al-Cham (HTS, ex-branche syrienne d'Al-Qaïda). Des groupes rebelles sont également présents. Soutenues par l'aviation russe, les forces du régime ont repris ces derniers jours plusieurs localités dans la région d'Idleb, poursuivant leur offensive au sol lancée le 8 août, après quatre mois de bombardements quasi quotidiens. Cette offensive intervient malgré un accord sur une "zone démilitarisée", dévoilé en septembre 2018 par la Russie et la Turquie, parrain de groupes rebelles, pour séparer les zones gouvernementales des territoires jihadistes et insurgés. Depuis mercredi, les forces du régime ont repris la ville clé de Khan Cheikhoun, et plusieurs localités à Hama, au sud, y encerclant un poste d'observation de l'armée turque. Elles ont massé samedi des renforts à Khan Cheikhoun et visent désormais la région de Maaret al-Noomane, plus au nord, selon l'OSDH. Ces deux villes sont situées sur une autoroute reliant la capitale Damas à la grande ville du nord, Alep, toutes deux tenues par le pouvoir de Bachar al-Assad. Depuis fin avril, les bombardements du pouvoir et de l'allié russe ont tué environ 900 civils dans la région d'Idleb, selon l'OSDH. Et plus de 400.000 personnes ont été déplacées, d'après l'ONU. Déclenchée en 2011 par la répression par le pouvoir de manifestations prodémocratie, la guerre a fait plus de 370.000 morts. (Belga)