Dominés par les djihadistes de Hayat Tahrir al-Cham (HTS), l'ex-branche syrienne d'Al-Qaïda, la province d'Idleb et les territoires insurgés attenant échappent toujours au pouvoir de Bachar al-Assad, qui y poursuit ses bombardements depuis février. Mais les frappes des derniers jours sont les plus violentes depuis que Moscou et Ankara, parrains de certains groupes rebelles, ont dévoilé en septembre 2018 un accord sur une "zone démilitarisée", qui devait séparer les territoires insurgés des zones gouvernementales et garantir un arrêt des hostilités. Selon l'OSDH, dix civils dont une fillette ont été tués par des dizaines de raids aériens par les avions syriens et russes qui ont visé plusieurs villes et villages dans le sud d'Idleb et le nord de la province voisine de Hama. Dix-huit djihadistes et rebelles ont été tués dans ces raids ou dans des combats avec les forces progouvernementales qui, elles, déplorent neuf morts dans les affrontements, selon la même source. Plus de 152.000 personnes ont été déplacées en une semaine par les combats dans le nord-ouest de la Syrie, a annoncé mardi l'ONU. Ces déplacements ont eu lieu entre le 29 avril et le 5 mai, précise le Bureau de coordination des affaires humanitaires de l'ONU (Ocha), dans un communiqué. L'écrasante majorité des quelque trois millions d'habitants vit grâce à l'aide humanitaire. La moitié sont des déplacés, arrivés à Idleb après avoir fui d'autres bastions rebelles reconquis par le régime. Le pouvoir syrien, appuyés par ses alliés indéfectibles, Moscou et Téhéran, a multiplié ces dernières années les victoires face aux insurgés jusqu'à asseoir son contrôle sur près des deux-tiers du pays. La Syrie est déchirée depuis 2011 par une guerre qui a fait plus de 370.000 morts, des millions de déplacés et réfugiés, et qui a morcelé le pays. (Belga)