Officiellement, la force soutenue par les Emiratis, appelée "Ceinture de sécurité", est loyale au gouvernement du Yémen. Mais, selon ce dernier elle comprend des séparatistes qui le combattent dans l'espoir de créer un Yémen du Sud indépendant. Les affrontements entre ces unités du camp progouvernemental ont éclaté mercredi et avaient fait deux morts parmi les membres des forces de la "Ceinture de sécurité". Jeudi, le bilan s'est alourdi avec cinq combattants progouvernementaux, quatre membres de la "Ceinture de sécurité" et trois civils tués dans de nouveaux heurts. Les rues d'Aden où siège le gouvernement yéménite étaient désertes et des tirs au mortier ont touché des zones résidentielles. Le Yémen est déchiré par une guerre opposant les rebelles Houthis, qui contrôlent la capitale Sanaa ainsi que de vastes zones dans le nord et l'ouest du pays, à des forces progouvernementales soutenues par une coalition militaire dirigée par l'Arabie saoudite. Le gouvernement yéménite a accusé les sécessionnistes du Sud d'être responsables de cette "escalade armée" à Aden, dans une déclaration relayée par l'agence de presse Saba. Il a appelé l'Arabie saoudite et les Emirats à "faire pression de manière urgente" sur ces partisans d'un Yémen du Sud indépendant "pour empêcher" toute escalade militaire. Le Yémen du sud était un Etat indépendant jusqu'en 1990. Dans le sud où des partisans de l'autonomie revendiquent l'indépendance, le ressentiment est fort contre les Yéménites originaires du nord accusés d'avoir imposé par la force l'unification du pays. (Belga)