Cette déclaration d'Abune Mathias, lui-même originaire du Tigré, a été faite dans un enregistrement vidéo transporté hors d'Éthiopie par un de ses amis après que ses précédentes tentatives de s'exprimer ont été "étouffées et censurées", affirme-t-il. Une telle prise de position d'une personnalité publique est rare dans le pays, depuis le début de ce conflit opposant l'armée fédérale éthiopienne aux forces fidèles au parti au pouvoir autrefois dominant du Tigré, le Front de libération du peuple du Tigré (TPLF). "Ils travaillent jour et nuit à détruire le Tigré. Ils n'ont aucun répit quand il s'agit d'anéantir les Tigréens", déclare Abune Mathias, en langue amharique, dans cette vidéo de 14 minutes. "Dans toutes les parties du Tigré, il y a des massacres. Ils veulent effacer les Tigréens de la surface de la terre", affirme-t-il. Début novembre, le Premier ministre éthiopien Abiy Ahmed, prix Nobel de la paix 2019, a envoyé l'armée fédérale au Tigré pour arrêter et désarmer les dirigeants du TPLF, qu'il accuse d'avoir orchestré des attaques contre des bases militaires. Il a toujours affirmé que l'armée ciblait le TPLF et non les civils. Mais de nombreuses exactions contre les civils, dont des massacres et des viols collectifs, ont été rapportées et documentées. Selon de nombreux témoins et survivants, elles ont été menées par des soldats éthiopiens et des troupes venues de l'Érythrée voisine. Abune Mathias dénonce ce "massacre de personnes, en particulier le meurtre d'innocents". Il déplore également les dégâts causés aux célèbres monastères orthodoxes du Tigré, ainsi que les massacres perpétrés sur des terres appartenant à l'Église, notamment dans la ville de Dengolat. L'Église orthodoxe est la plus grande d'Éthiopie. Cette communauté religieuse représente plus de 40% des 110 millions d'habitants du pays. Bien que M. Abiy a déclaré la victoire fin novembre après la prise de la capitale régionale Mekele par les troupes fédérales, les combats se poursuivent dans la région. La communauté internationale s'alarme de la situation. Le secrétaire d'État américain Antony Blinken a notamment mis en garde le mois dernier contre un "désastre humanitaire" imminent. (Belga)

Cette déclaration d'Abune Mathias, lui-même originaire du Tigré, a été faite dans un enregistrement vidéo transporté hors d'Éthiopie par un de ses amis après que ses précédentes tentatives de s'exprimer ont été "étouffées et censurées", affirme-t-il. Une telle prise de position d'une personnalité publique est rare dans le pays, depuis le début de ce conflit opposant l'armée fédérale éthiopienne aux forces fidèles au parti au pouvoir autrefois dominant du Tigré, le Front de libération du peuple du Tigré (TPLF). "Ils travaillent jour et nuit à détruire le Tigré. Ils n'ont aucun répit quand il s'agit d'anéantir les Tigréens", déclare Abune Mathias, en langue amharique, dans cette vidéo de 14 minutes. "Dans toutes les parties du Tigré, il y a des massacres. Ils veulent effacer les Tigréens de la surface de la terre", affirme-t-il. Début novembre, le Premier ministre éthiopien Abiy Ahmed, prix Nobel de la paix 2019, a envoyé l'armée fédérale au Tigré pour arrêter et désarmer les dirigeants du TPLF, qu'il accuse d'avoir orchestré des attaques contre des bases militaires. Il a toujours affirmé que l'armée ciblait le TPLF et non les civils. Mais de nombreuses exactions contre les civils, dont des massacres et des viols collectifs, ont été rapportées et documentées. Selon de nombreux témoins et survivants, elles ont été menées par des soldats éthiopiens et des troupes venues de l'Érythrée voisine. Abune Mathias dénonce ce "massacre de personnes, en particulier le meurtre d'innocents". Il déplore également les dégâts causés aux célèbres monastères orthodoxes du Tigré, ainsi que les massacres perpétrés sur des terres appartenant à l'Église, notamment dans la ville de Dengolat. L'Église orthodoxe est la plus grande d'Éthiopie. Cette communauté religieuse représente plus de 40% des 110 millions d'habitants du pays. Bien que M. Abiy a déclaré la victoire fin novembre après la prise de la capitale régionale Mekele par les troupes fédérales, les combats se poursuivent dans la région. La communauté internationale s'alarme de la situation. Le secrétaire d'État américain Antony Blinken a notamment mis en garde le mois dernier contre un "désastre humanitaire" imminent. (Belga)