D'après ses estimations, il existerait déjà un préaccord entre les partis dans 70 % des communes flamandes. Des communes où les candidats auraient donc, secrètement ou non, négocié leur place et celle de leur formation dans les futures coalitions locales. Face à ce que beaucoup estiment être une tromperie, la nécessité de se déplacer le 14 octobre prochain est mise en doute par certains électeurs. En Flandre pourtant, l'équilibre des forces en présence pourrait bien basculer.
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D'après ses estimations, il existerait déjà un préaccord entre les partis dans 70 % des communes flamandes. Des communes où les candidats auraient donc, secrètement ou non, négocié leur place et celle de leur formation dans les futures coalitions locales. Face à ce que beaucoup estiment être une tromperie, la nécessité de se déplacer le 14 octobre prochain est mise en doute par certains électeurs. En Flandre pourtant, l'équilibre des forces en présence pourrait bien basculer. C'est ce que semble d'ores et déjà craindre John Crombez. Le mois dernier, dans les médias, le président du SP.A a déclaré qu'il jetterait l'éponge en cas d'échec de son parti dans les villes. L'annonce sonne tel un mauvais présage, car si les socialistes flamands sont aujourd'hui à la tête de plusieurs localités, notamment Gand, Louvain, Bruges, Ostende et Vilvorde, leur emprise semble globalement s'effriter, alors que le retrait de personnalités éminentes, telles que Daniël Termont à Gand ou Louis Tobback à Louvain, joue en leur défaveur. Les libéraux les attendent au tournant : l'équipe de Bart Tommelein & Co affiche notamment l'ambition de ravir l'écharpe à Gand et à Ostende. Elle devra pour ce faire s'imposer, entre autres, face à Groen qui, lui aussi, convoite les bastions socialistes. Sa présidente, Meyrem Almaci, y croit dur comme fer : le 14 octobre va " se parer de vert ", et constituer un " tournant " dans le paysage politique flamand, scande-t-elle. Mais un autre virage se profile : le CD&V, jusqu'ici plus grand parti de Flandre au niveau local, est menacé de perdre sa place en faveur de la N-VA. La formation de Bart De Wever semble attendre le jour J pour confirmer sa prédominance à tous les niveaux de pouvoir. La nouvelle fusion des communes, favorable, a priori, aux chrétiens-démocrates, ne sera sans doute pas suffisante pour permettre à Wouter Beke et à ses 137 bourgmestres de déjouer un scénario qui semble désormais inévitable. Les nationalistes flamands n'ont en outre pas chômé cet été. En " vacances " dans les Ardennes wallonnes, Theo Francken n'a pas décroché de son smartphone, surfant à temps plein sur son thème favori : les migrants. Il s'est vu conforté dans cette mission identitaire par une sortie de sa collègue Zuhal Demir qui, à quelques jours de la rentrée scolaire, a plaidé pour l'interdiction du voile dans les écoles. Des dossiers fédéraux ou régionaux qui se révèlent électoralement plus efficaces que les sujets locaux portés par des candidats communaux inconnus au bataillon. Ces prochaines semaines, en Flandre, les partis sortiront leurs dernières cartouches pour conforter leurs positions, et convaincre les précieux indécis. Au vu des enjeux, tous les coups seront permis. Mais, préaccords ou pas, c'est aux électeurs que reviendra le fin mot lors de ce scrutin local à portée nationale. Son résultat dépendra aussi de la transparence du vote. Car si en Wallonie, les communes ont décidé de revenir au bon vieux crayon rouge, l'usage du système électronique continue de progresser en Flandre. A l'heure où la manipulation d'élections et le piratage informatique sont devenus des préoccupations réelles, d'aucuns s'inquiètent qu'une fraude ne vienne tronquer les suffrages, et créer, dans la foulée, une tout autre surprise.