"Une tragédie grecque ! " " Ici, les disputes traversent les murs ", " C'est Femmes au bord de la crise de nerfs depuis six ans "... A la maison communale de Crainhem, pas besoin de forcer les confidences sur le climat délétère intra muros, elles pleuvent toutes seules. Et même de la bouche des acteurs de la mauvaise pièce politique que vit, depuis 2012, la commune à facilités marquée par une mandature scindée en deux triennats successifs.
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"Une tragédie grecque ! " " Ici, les disputes traversent les murs ", " C'est Femmes au bord de la crise de nerfs depuis six ans "... A la maison communale de Crainhem, pas besoin de forcer les confidences sur le climat délétère intra muros, elles pleuvent toutes seules. Et même de la bouche des acteurs de la mauvaise pièce politique que vit, depuis 2012, la commune à facilités marquée par une mandature scindée en deux triennats successifs. Le premier assumé par Véronique Caprasse (DéFI), le second par Dorothée Cardon (CDH). Tel était l'accord de majorité conclu par leurs partis au lendemain des dernières communales. La liste Union (MR inclus) avait alors décroché une confortable majorité absolue de 16 sièges sur 23. Mais les ego, le chacun pour soi, les peaux de bananes et surtout les clashs entre édiles sur fond de micmac d'attribution de compétences ont parasité toute la législature. Au point que la majorité sortante n'a quasi pas de bilan à faire valoir. Pain bénit pour une opposition incarnée par les élus Kraainem-Unie et Open, plus atterrés que réjouis par ce plantage magistral. Un scandale ! C'est ce que tonne Luc Timmermans, tête de la liste flamande Open : " Ils n'ont rien fait alors que les besoins sont criants. Rien en mobilité, dont le plan est vieux de douze ans et doit être largement modernisé. Rien en finances. Rien en travaux publics et infrastructures. Aucune rue, aucun bâtiment n'a été rénové. Aucune piste cyclable construite. Rien n'a été fait pour régler le problème crucial et récurrent des inondations dans le bas de la commune. Des projets tardent à se concrétiser comme la mutation de la salle paroissiale PAT en centre culturel pour les francophones, ou les nouvelles classes des écoles pour arrêter de parquer des élèves dans des containers... Cette majorité a toujours été artificielle et n'a créé qu'un déficit total de gouvernance et de vision... " Les bourgmestres successives, rivales à couteaux tirés, conviennent du zéro pointé en mobilité, des dysfonctionnements administratifs, des lenteurs, des tensions, de l'immobilisme qui ont entaché la législature. Mais en s'en renvoyant la responsabilité. Voire en la déviant vers certains échevins comme Olivier Joris (travaux publics et infrastructures), transfuge en début de mandat du CDH au MR. Les défis demeurent donc énormes et entiers, et ce n'est pas l'évocation, par Véronique Caprasse, d'un nouveau terrain de foot synthétique qui donnera le change face aux projets gelés par six ans de glaciation de la gestion communale. A défaut d'actes, l'échéance électorale réveille les promesses. Dorothée Cardon, bourgmestre en place et candidate à sa propre succession, enquille les intentions pour " améliorer la machine administrative en outil moderne au service impeccable de ses clients " (comme pour conjurer les orages passés avec son administration et la secrétaire communale) ; " une meilleure gestion et une amélioration sensible de la mobilité grâce à un meilleur dialogue Régions - commune - habitant ". Voeu que méditent depuis des années les habitants tout comme les automobilistes en transit dans la " nasse " de Crainhem, entre les Quatre Bras, les avenues de Wezembeek, Dezangré, Reine Astrid ou Anciens Combattants. Immobilité à tous les étages. Véronique Caprasse, ex-demi mayeur qui entend le redevenir totalement, enfourche aussi le cheval de la mobilité ainsi que ceux de l'environnement, de la rénovation d'infrastructures, de l'intergénérationnel et de la lutte contre les inondations, " cette plaie à répétition ". En bonne DéFI, elle y ajoute, bien sûr, l'application et le respect des facilités dans l'intérêt de tous. Promis, juré, craché, une fois l'écharpe mayorale décrochée et seul(e) à la barre, le prochain mayeur va sublimer Crainhem. Sauf que le triste spectacle communal de la majorité n'a pas encore joué son dernier acte : celui d'un nouvel accord pour les communales 2018. Autant dire que, dans le climat actuel, on en est loin. Seule sage certitude : plus question d'une mandature bicéphale ! Pourtant, accord il faudra : tant Caprasse que Cardon conviennent que " c'est toujours le problème des communes à facilités, il faut que les francophones s'entendent ", déclare la première. Le frein majeur à la bonne gestion d'une commune à facilités c'est la désunion entre les responsables politiques ". Sous-entendu : francophones, comme le confirme Sophie Rohonyi, présidente de DéFI pour la périphérie, l'oeil vigilant sur le psychodrame Crainhem : " Créer une liste d'union francophone est indispensable dans ce type de communes car elle est une valeur ajoutée en matière de respect des droits " souligne-t-elle. Surtout en cette ère de régionalisation, à la source d'un tas de changements : gestion de l'eau, santé ou même chèque-repas, le suivi et la communication en français se font désirer... La responsable amarante insiste aussi pour une liste " où la représentation de chaque formation reflète la réalité électorale et les différentes sensibilités dans lesquelles l'ensemble des habitants se retrouvent. Certains, comme le MR doivent être moins gourmands en matière de places sur une liste éventuelle ", espérée le plus tôt possible pour aller aux élections avec une " équipe cohérente, forte, crédible et inscrite dans une nouvelle dynamique ", souligne pour sa part Dorothée Cardon, la bourgmestre CDH. La surprise, ce sera le nom qui sortira par le haut des tractations et des urnes. " Oui, mais après ? ", nous souffle plein de bon sens un habitant écoeuré. En effet, les mêmes figures sont quasi condamnées à se retrouver au collège communal et les lourdes aigreurs de la législature finissante mettront du temps à passer. La mauvaise surprise serait une suite à ce lamentable " divorce à la Crainhem ".Par Fernand Letist.