Celle qui est devenue bourgmestre par accident n'est pas là par hasard puisqu'elle fait de la politique à Rixensart depuis vingt-quatre ans et pourra aussi compter sur sa popularité en octobre prochain. Elle peut aussi compter sur les soutiens de son parti (NAP/MR), tout comme sur le renfort du groupe " Libéral ", actuellement sur les bancs de l'opposition, pour former une grande alliance de centre-droit et réussir à maintenir la majorité absolue (15 sièges sur 27 en 2012). De la continuité certes, mais aussi la volonté d'incarner l'avenir de Rixensart, loin du caractère impulsif de son prédécesseur, qui fut l'homme fort de la commune pendant dix...

Celle qui est devenue bourgmestre par accident n'est pas là par hasard puisqu'elle fait de la politique à Rixensart depuis vingt-quatre ans et pourra aussi compter sur sa popularité en octobre prochain. Elle peut aussi compter sur les soutiens de son parti (NAP/MR), tout comme sur le renfort du groupe " Libéral ", actuellement sur les bancs de l'opposition, pour former une grande alliance de centre-droit et réussir à maintenir la majorité absolue (15 sièges sur 27 en 2012). De la continuité certes, mais aussi la volonté d'incarner l'avenir de Rixensart, loin du caractère impulsif de son prédécesseur, qui fut l'homme fort de la commune pendant dix ans avant de succomber à une longue maladie. L'enjeu, selon elle, est d'accompagner sa commune dans la digitalisation de la société, en faisant du pouvoir communal un moteur de cette transformation auprès des citoyens. " Parce qu'on ne peut plus gérer une commune comme on le faisait il y a encore quelques années de cela. Notamment en matière de concertation avec la population ", constate Patricia Lebon. Elle admet un échec de la législature qui réside, selon elle, dans le manque de communication avec les habitants, entre autres sur deux projets urbanistiques : la réhabilitation du site de la Cure de Rosières, sur lequel la commune prévoit du logement social et une salle paroissiale, et la création d'une maison de repos et de 165 logements sur le site du Poirier-Dieu, à Genval. " Notre majorité n'a pas réussi à expliquer aux riverains pourquoi on faisait tel ou tel projet, tel ou tel choix. On est en train de s'améliorer, notamment à travers notre communication sur le site Internet de la commune et les réseaux sociaux ", reconnaît Patricia Lebon. Ces dossiers reflètent le véritable défi de la commune : répondre à la croissance démographique. " Rixensart est la commune la plus urbanisée du Brabant wallon. Nous n'avons plus de terrains libres, même s'il reste quelques poches de lotissements. Côté densité de population, on atteint les 22 000 habitants. On a décidé de ne pas dépasser les 25 000. On ne peut pas en accueillir davantage si on veut maintenir notre qualité de vie, en préservant le caractère villageois de la commune. " Un enjeu également pour l'opposition, notamment pour Ecolo, deuxième parti de la commune, mené par Bernard Buntinx. " Notre priorité est de garantir un logement à tous les publics. Le prix de l'immobilier augmente très fort. Pour les familles monoparentales, cela devient impossible de se loger à Rixensart ", dénonce-t-il, en mettant en cause le manque de vision urbanistique de la majorité. Un constat partagé par la liste Proximité poussée par Etienne Dubuisson. " L'aspect rural de la commune n'existe plus, et avec toutes les constructions prévues à court terme, ce sont près de 365 logements qui seront disponibles. La majorité a estimé qu'il ne fallait pas dépasser les 25 000 habitants, mais avec toutes ces constructions, on y sera vite ", reproche-t-il.Le parti d'opposition pointe aussi l'état d'endettement de Rixensart. " Une des communes les plus endettées du Brabant wallon. Lors du prochain mandat, il faudra trouver de nouveaux moyens de financement pour répondre à ce défi démographique ", prévient encore Etienne Dubuisson.Par Pierre Jassogne.