La rédaction du quotidien L'Avenir est revenue ce samedi sur les trois dernières années de sa relation avec l'entreprise Nethys (actionnaire du journal depuis 2014). Pour la direction

Dans un long article où le journal reproche à l'entreprise "un manque de vision et une stratégie de pourrissement" et se dit "sous pression depuis trois ans". En ligne de mire de cette analyse, le CEO de Nethys Stéphane Moreau et son directeur financier Pol Heyse, également président du conseil d'administration de L'Avenir. Le récit commence mi-2016 et décrit les tensions qui se font sentir entre Quentin Gemoets, alors CEO des Editions de l'Avenir, et les deux hommes précités. Les sollicitations du premier vers les seconds quant à la façon de réagir aux défis à relever (choix d'un imprimeur, valorisation des contenus payants, synergie avec les autres médias du groupe, etc...) restent lettre morte, accuse le journal. Lequel se dit victime d'ingérence, lorsqu'un article impliquant Stéphane Moreau et des cadres d'Ethias suscite un appel courroucé de M. Moreau au rédacteur en chef Thierry Dupièreux. Le début d'une stratégie de tensions qui aboutit au départ de Gemoets, décidé par Heyse, écrit L'Avenir.

L'exercice 2016 du journal se clôture sur une perte de 514.000 euros. Mais, accuse le journal, aucune piste de synergie, afin de réduire les coûts, avec d'autres entités du groupe ne sont clairement définies.

En outre, la façon dont la rédaction relate toutes les péripéties du scandale Publifin ne plait pas en haut lieu. Le nouveau CEO Eric Schonbrodt et Thierry Dupièreux sont rappelés à l'ordre et plusieurs conseils d'administration sont annulés, en juillet, octobre et novembre 2017. Pendant ce temps, l'inquiétude au sein du personnel grandit.

Fin 2017, une lettre d'Eric Schonbrodt au conseil d'administration évoque la nécessité d'un plan social, de décisions cruciales concernant l'imprimerie et la récupération de créances, les Editions de L'avenir ayant dû prêter 3 millions en 2016 à L'Avenir Advertising. Des appels auxquels aucune réponse ne sera apportée, assure ce samedi le quotidien. Pire encore, en février 2018, Eric Schonbrodt, puis fin juin, Thierry Dupièreux sont poussés vers la sortie.

Le nouveau CEO Jos Donvil ne partage plus aucune information sur l'avenir direct de l'entreprise avec le personnel, accuse l'article. Finalement, le personnel apprend fin juin 2018 la nomination d'"un directeur des rédactions", en la personne de Philippe Lawson, jusque-là journaliste à L'Echo. Une nomination qui ne convainc pas la rédaction qui le fait savoir à la direction du groupe.

Le quotidien conclut donc que le coût final de cette stratégie est aujourd'hui présentée au personnel. En décembre dernier, le personnel et la direction des Editions de l'Avenir s'étaient en effet accordés sur le départ de 45 équivalents temps plein, sur une base volontaire, dont 31,74 au sein de la rédaction du média.

Les directions de l'Avenir et de Nethys "stupéfaites" de ce "récit truffé de mensonges"

Les directions des Editions de l'Avenir et de Nethys ont découvert "avec stupéfaction", samedi matin, le "récit à charge et truffé de mensonges" décrivant, dans les colonnes du quotidien, "l'affrontement des trois dernières années avec Nethys", indiquent-elles dans un communiqué.

"Tant la couverture du journal que les pages intérieures de ce 'récit' ont été insérées au dernier moment dans la maquette, à l'insu de la ligne éditoriale et au mépris de toutes les règles déontologiques dans une entreprise de presse", regrettent-elles. Selon la direction de Nethys et celle des Editions de L'Avenir, "l'article est truffé de mensonges, de procès d'intention, d'éléments sortis de leur contexte dans l'unique but de jeter le discrédit sur Nethys et ses dirigeants".

Qualifiant d'"incroyable" le reproche relatif à une absence de vision, elles rappellent que "le rachat de L'Avenir par Nethys répondait à un stratégie claire, celle d'adosser un quotidien d'informations régionales à un groupe de télécommunication (VOO) et d'affronter de cette façon les géants mondiaux sur un terrain qu'ils n'occupent pas". "Il s'agissait d'ailleurs d'un projet innovant pour la Wallonie", ajoutent les directions.

Pour ces dernières, "il était clair, dès le départ, qu'une restructuration et un plan de redéploiement étaient absolument nécessaires dans un contexte d'effondrement de la publicité dans la presse écrite, d'érosion des ventes et d'absence presque totale de stratégie digitale". "Laisser penser que Nethys a volontairement fait traîner ce dossier dans 'une stratégie de pourrissement' n'a évidemment aucun sens" puisque que cela revenait à aggraver la situation économique du journal, poursuivent les deux directions. "Mais il est exact qu'il convenait pour l'Avenir d'avoir un plan solide, réaliste et qui rétablisse la viabilité à long terme, conditions auxquelles ne répondaient pas les premiers plans exposés par le management", admettent-elles en défendant par ailleurs leur directeur des rédactions, Philippe Lawson, mis en cause par la rédaction du journal.

"Il est curieux de constater qu'il était jusque là unanimement considéré par l'ensemble de la presse belge comme un brillant journaliste mais que, recruté par Jos Donvil - et non pas 'par Liège' comme affirmé dans l'article - pour prendre la direction des rédactions, il en devient soudainement peu convaincant", écrivent-elles à ce propos.

Par ailleurs, "il n'y a jamais eu d'ingérence" de la part de la direction de Nethys vis-à-vis de la rédaction, assure le management. "Aucun coup de téléphone n'a jamais été adressé à Thierry Dupiereux sur aucun sujet et aucune réunion n'a jamais été organisée afin d'interdire d'écrire sur tel ou tel sujet", affirme-t-il.

"Les directions condamnent donc tant la méthode utilisée pour avoir fait paraître cette couverture et cet article que son contenu qui tient à essayer de faire croire que Nethys est responsable d'un manque de vision, d'inaction et d'ingérence dans la rédaction", indiquent-elles enfin.

La rédaction du quotidien L'Avenir est revenue ce samedi sur les trois dernières années de sa relation avec l'entreprise Nethys (actionnaire du journal depuis 2014). Pour la direction Dans un long article où le journal reproche à l'entreprise "un manque de vision et une stratégie de pourrissement" et se dit "sous pression depuis trois ans". En ligne de mire de cette analyse, le CEO de Nethys Stéphane Moreau et son directeur financier Pol Heyse, également président du conseil d'administration de L'Avenir. Le récit commence mi-2016 et décrit les tensions qui se font sentir entre Quentin Gemoets, alors CEO des Editions de l'Avenir, et les deux hommes précités. Les sollicitations du premier vers les seconds quant à la façon de réagir aux défis à relever (choix d'un imprimeur, valorisation des contenus payants, synergie avec les autres médias du groupe, etc...) restent lettre morte, accuse le journal. Lequel se dit victime d'ingérence, lorsqu'un article impliquant Stéphane Moreau et des cadres d'Ethias suscite un appel courroucé de M. Moreau au rédacteur en chef Thierry Dupièreux. Le début d'une stratégie de tensions qui aboutit au départ de Gemoets, décidé par Heyse, écrit L'Avenir. L'exercice 2016 du journal se clôture sur une perte de 514.000 euros. Mais, accuse le journal, aucune piste de synergie, afin de réduire les coûts, avec d'autres entités du groupe ne sont clairement définies. En outre, la façon dont la rédaction relate toutes les péripéties du scandale Publifin ne plait pas en haut lieu. Le nouveau CEO Eric Schonbrodt et Thierry Dupièreux sont rappelés à l'ordre et plusieurs conseils d'administration sont annulés, en juillet, octobre et novembre 2017. Pendant ce temps, l'inquiétude au sein du personnel grandit. Fin 2017, une lettre d'Eric Schonbrodt au conseil d'administration évoque la nécessité d'un plan social, de décisions cruciales concernant l'imprimerie et la récupération de créances, les Editions de L'avenir ayant dû prêter 3 millions en 2016 à L'Avenir Advertising. Des appels auxquels aucune réponse ne sera apportée, assure ce samedi le quotidien. Pire encore, en février 2018, Eric Schonbrodt, puis fin juin, Thierry Dupièreux sont poussés vers la sortie. Le nouveau CEO Jos Donvil ne partage plus aucune information sur l'avenir direct de l'entreprise avec le personnel, accuse l'article. Finalement, le personnel apprend fin juin 2018 la nomination d'"un directeur des rédactions", en la personne de Philippe Lawson, jusque-là journaliste à L'Echo. Une nomination qui ne convainc pas la rédaction qui le fait savoir à la direction du groupe. Le quotidien conclut donc que le coût final de cette stratégie est aujourd'hui présentée au personnel. En décembre dernier, le personnel et la direction des Editions de l'Avenir s'étaient en effet accordés sur le départ de 45 équivalents temps plein, sur une base volontaire, dont 31,74 au sein de la rédaction du média.Les directions des Editions de l'Avenir et de Nethys ont découvert "avec stupéfaction", samedi matin, le "récit à charge et truffé de mensonges" décrivant, dans les colonnes du quotidien, "l'affrontement des trois dernières années avec Nethys", indiquent-elles dans un communiqué."Tant la couverture du journal que les pages intérieures de ce 'récit' ont été insérées au dernier moment dans la maquette, à l'insu de la ligne éditoriale et au mépris de toutes les règles déontologiques dans une entreprise de presse", regrettent-elles. Selon la direction de Nethys et celle des Editions de L'Avenir, "l'article est truffé de mensonges, de procès d'intention, d'éléments sortis de leur contexte dans l'unique but de jeter le discrédit sur Nethys et ses dirigeants".Qualifiant d'"incroyable" le reproche relatif à une absence de vision, elles rappellent que "le rachat de L'Avenir par Nethys répondait à un stratégie claire, celle d'adosser un quotidien d'informations régionales à un groupe de télécommunication (VOO) et d'affronter de cette façon les géants mondiaux sur un terrain qu'ils n'occupent pas". "Il s'agissait d'ailleurs d'un projet innovant pour la Wallonie", ajoutent les directions. Pour ces dernières, "il était clair, dès le départ, qu'une restructuration et un plan de redéploiement étaient absolument nécessaires dans un contexte d'effondrement de la publicité dans la presse écrite, d'érosion des ventes et d'absence presque totale de stratégie digitale". "Laisser penser que Nethys a volontairement fait traîner ce dossier dans 'une stratégie de pourrissement' n'a évidemment aucun sens" puisque que cela revenait à aggraver la situation économique du journal, poursuivent les deux directions. "Mais il est exact qu'il convenait pour l'Avenir d'avoir un plan solide, réaliste et qui rétablisse la viabilité à long terme, conditions auxquelles ne répondaient pas les premiers plans exposés par le management", admettent-elles en défendant par ailleurs leur directeur des rédactions, Philippe Lawson, mis en cause par la rédaction du journal. "Il est curieux de constater qu'il était jusque là unanimement considéré par l'ensemble de la presse belge comme un brillant journaliste mais que, recruté par Jos Donvil - et non pas 'par Liège' comme affirmé dans l'article - pour prendre la direction des rédactions, il en devient soudainement peu convaincant", écrivent-elles à ce propos. Par ailleurs, "il n'y a jamais eu d'ingérence" de la part de la direction de Nethys vis-à-vis de la rédaction, assure le management. "Aucun coup de téléphone n'a jamais été adressé à Thierry Dupiereux sur aucun sujet et aucune réunion n'a jamais été organisée afin d'interdire d'écrire sur tel ou tel sujet", affirme-t-il. "Les directions condamnent donc tant la méthode utilisée pour avoir fait paraître cette couverture et cet article que son contenu qui tient à essayer de faire croire que Nethys est responsable d'un manque de vision, d'inaction et d'ingérence dans la rédaction", indiquent-elles enfin.