Le portefeuille du PS (62 députés)
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Depuis 2014, le parti s'est installé dans le rouge avec cinq exercices financiers sur six clôturés en négatif alors que, de 2010 à 2013, la perte restait l'exception (2010 : - 171 130 euros). Trésor de guerre (8,9 millions en placements et liquidités en 2019) en net recul, il a quitté la zone des 12-13 millions qui était la sienne en 2012-2018. Particularité: source de revenus traditionnellement non négligeable au PS, le produit des cotisations de membres a fondu de moitié depuis 2008 : de 845 810 euros à 420 467 euros.Point faible:d'importantes charges en personnel et en fonctionnement administratif. 9,3 millions euros en 2019, soit 64 % des dépenses, ce qui fait du PS, et de loin, le champion de la catégorie. Diagnostic: coup de mou prolongé, le PS donne des signes d'essoufflement. A soigner sans trop tarder : l'image d'un parti chroniquement déficitaire. > Un retour aux urnes, vaudrait mieux pas pour les finances des partis (décodage)Recettes en recul généralisé, trésor de guerre sensiblement érodé par les deux années électorales 2018-2019 (4,6 millions en 2019, - 37 % depuis 2017), hausse des dettes financières. A tout de même pu dégager un minibénéfice de 10 615 euros, le plus faible en dix ans.Particularité: prédilection pour ce qui est terrains et immeubles (8,3 millions d'euros mobilisés en 2019), seule la N-VA (16,2 millions) y investit davantage que le MR qui, en 2019, a beaucoup investi dans la rénovation de son siège bruxellois de la Toison d'Or. Point faible:compte traditionnellement peu sur les contributions de ses mandataires et les cotisations de ses membres (647 000 euros pour les deux postes en 2019, 7 % des recettes). Diagnostic: force de frappe financière émoussée, le parti a déjà connu période financièrement plus faste (2015-2017) mais il se maintient plutôt bien. Ce qui en soi est déjà une performance.Portés par leur victoire au scrutin de mai 2019, les verts sortent du rouge. 2019, un grand cru : dotations publiques en nette hausse (+ 56 %), boom de la rétrocession des mandataires (1,443 million, + 75 %), cotisations des membres en progression (123 000 euros, montant record), réserves financières en phase de rétablissement (2,9 millions, loin des six millions de la période 2011-2013).Particularité: partage avec Groen, le PTB-PVDA, le Vlaams Belang et DéFI l'absence de tout placement financier. Point faible:nette tendance à l'embonpoint en frais de personnel et administratifs (61 % des dépenses du parti en 2019). A tenir à l'oeil. Diagnostic: la mauvaise passe financière 2014-2018 est surmontée mais les Ecolos jouent souvent au yo-yo. Sont ainsi sujets à de fortes et brutales variations électorales qui fragilisent leur état de santé financière : cinq bonus et six malus en dix ans. Clôture les années électorales quasi systématiquement dans le rouge mais parvient à se refaire une relative santé financière les années sans scrutin. Particularité: soigne toujours son trésor de guerre (2019 : 4,7 millions) qui est d'un niveau souvent supérieur à celui d'Ecolo (2019 : 2, 9 millions). Aucun autre parti francophone que le CDH n'affectionne autant les placements (72 % de son capital financier) plutôt que les liquidités. Point faible: dépendant à plus de 90 % du financement public direct, lequel est lié à des performances électorales plus trop convaincantes. Sollicite fort peu ses mandataires comme ses membres : 314 000 euros récoltés en 2019, soit à peine 5 % des rentrées. Diagnostic: souvent donné pour mort, le CDH passe presque miraculeusement entre les gouttes. Cultive la stabilité dans une relative précarité. Depuis 2017, DéFI est entré en spirale déficitaire : - 169 700 euros en 2018, - 622 000 euros en 2019. Le financement public direct (602 400 euros en 2019) a pourtant triplé depuis 2012 mais ne suffit pas à occulter un bilan financier marqué par des fonds propres passés en négatif (un cas unique parmi les partis). Particularité: soigne toujours son trésor de guerre (2019 : 4,7 millions) qui est d'un niveau souvent supérieur à celui d'Ecolo (2019 : 2, 9 millions). Aucun autre parti francophone que le CDH n'affectionne autant les placements (72 % de son capital financier) plutôt que les liquidités. Point faible: dépendant à plus de 90 % du financement public direct, lequel est lié à des performances électorales plus trop convaincantes. Sollicite fort peu ses mandataires comme ses membres : 314 000 euros récoltés en 2019, soit à peine 5 % des rentrées. Diagnostic: souvent donné pour mort, le CDH passe presque miraculeusement entre les gouttes. Cultive la stabilité dans une relative précarité.Reste de très loin la plus grosse fortune du paysage politique belge mais depuis 2017 connaît une tendance au tassement de ses dotations publiques et de son trésor de guerre (- 13 %). Surtout, après les plantureux bonus de 2015-2017 (entre 4,6 et 5,2 millions par an), le bénéfice annuel est en chute libre (+ 478 000 euros en 2019) avec même une première perte en 2018 (- 201 000 euros). Particularité:ne lésine jamais sur la dépense pour sa com : 16,8 millions d'euros investis en propagande lors des années électorales 2018-2019, soit 33 % des charges électorales engagées par les six partis flamandsPoint faible: forte dépendance au financement public (85 à 90% des ressources), donc à des performances électorales dernièrement moins flamboyantes. Diagnostic: après la croissance vertigineuse, puis la stabilisation sur un plateau, l'amorce d'une pente encore modérément descendante. Mais il y a de la réserve. 2019, année électorale victorieuse pour le VB, a spectaculairement relancé les compteurs : son financement public direct a plus que doublé en un an (de 2,5 à 5,2 millions). Trésor de guerre (5,3 millions en 2019, uniquement en liquidités) en voie de stabilisation mais à des années-lumière du pic de richesse de 2012 (14,9 millions). Le parti n'est toujours pas sorti du rouge depuis 2017. Particularité:investit toujours beaucoup dans la propagande électorale, jusqu'à absorber deux tiers de ses dépenses : 7,8 millions d'euros engagés lors des scrutins d'octobre 2018 et de mai 2019 (78 % des dépenses). Point faible:vu sa situation financière, le VB peine à encore mettre de côté pour faire face à ses charges électorales : 166 500 euros provisionnés en 2019. Diagnostic:lessivé, le Vlaams Belang reprend du poil de la bête et entrevoit une fragile convalescence. Années électorales 2018?2019 douloureuses, clôturées sur une perte cumulée d'1 635 000 euros. Indicateurs financiers en recul sur la décennie 2010-2019 : dotations publiques, contributions des mandataires, cotisations des membres. Plus rassurant : un matelas financier (placements et liquidités) encore confortable (11 millions en 2019). Particularité:a pu bénéficier de deux beaux élans de générosité : 18 817,65 euros en dons en 2019 et, surtout, 61 830,07 euros en 2018. Seul le PTB-PVDA, de très loin, a été encore plus gâté par des donateurs. Point faible:lourdes charges en personnel et en administration, elles consomment plus de la moitié des dépenses du parti (54 % en 2019).Diagnostic:en déclin financier depuis longtemps, l'ex-empire CVP est contraint d'adapter son train de vie en conséquence. Dur, dur. Cinq pertes et cinq boni en dix ans d'exercices comptables, 1,4 million d'euros dans le rouge les deux dernières années électoralement coûteuses et des rentrées financières plutôt maussades : l'Open VLD mange son pain noir. Particularité: heureux le mandataire libéral flamand, aucun autre parti que l'Open VLD n'exige aussi peu financièrement de lui. Il retire de la contribution de ses élus moins de 1 % de ses recettes, 35 000 euros bon an mal an. Point faible:néglige les recettes tirées des contributions des mandataires et des membres (2 % des ressources totales), se rend par conséquent quasi exclusivement dépendant de l'argent public (plus de 95 % du financement). Potentiellement gênant quand on est un parti électoralement à la peine. Diagnostic: parvient encore à limiter la casse. 2010?2019 : hausse des dotations publiques (+ 84 %), des contributions des mandataires (+ 55 %), du produit des cotisations versées par les membres (+ 114 %), du trésor de guerre (+ 48 %). Au-delà des hauts et des bas, Groen se porte financièrement aussi bien, voire mieux, qu'il y a dix ans. Particularité: partage avec Ecolo le souci d'être économe en dépenses électorales : 3,1 millions pour les années électorales 2018-2019, c'est de loin le montant le plus faible de la classe politique flamande. Point faible: Groen est encore loin de retrouver la force de frappe financière qui était la sienne entre 2015 et 2017 (de 3,2 à 3,8 millions en caisse). Diagnostic: moins financièrement secoués que ne le sont les écolos francophones par une victoire ou un revers électoral, les verts flamands se maintiennent sur la durée.Parti bénéficiaire, plutôt bien dans ses papiers. Sur une décennie, le SP.A affiche des indicateurs financiers stables et dégage une impression de robustesse. Avec 10,6 millions d'euros de fonds propres en 2019, il reste ce qu'il n'a cessé d'être depuis dix ans : le deuxième parti le plus riche de Flandre. Particularité: se démarque en veillant constamment à disposer d'un trésor de guerre réparti à parts quasi égales entre placements et liquidités (2019 : 50 - 50). Point faible: le produit issu des cotisations des membres est en recul constant depuis dix ans (- 28 %), passé sous la barre des 250 000 euros en 2019. Diagnostic: les socialistes flamands assurent, en dépit de rendez-vous électoraux plus vraiment transcendants. En meilleure posture financière que l'Open VLD et le CD&V, ils résistent même mieux que le PS. Néanmoins, le cap électoral 2019 a été difficile à franchir. Ça plane pour le PTB?PVDA. En six ans de présence parlementaire, le montant de ses dotations publiques (2 millions en 2019) a quintuplé, les revenus issus de la rétrocession de ses mandataires (2,8 millions) ont quasi décuplé, le produit des cotisations de ses membres a plus que doublé. Un trésor de guerre, tout en liquidités (4,8 millions en 2019), supérieur aux cagnottes du MR, du CDH, d'Ecolo. Particularité: le parti tire près d'un quart de ses ressources des cotisations des affiliés : 1 746 818 euros en 2019. Aucune autre formation ne dépasse aujourd'hui la barre des 450 000 euros de recettes sous cette rubrique. Point faible: 40 % des dépenses en charges en personnel et en administration. A surveiller. Diagnostic: portée par les suffrages, la gauche radicale est une entreprise qui tourne. La success story entamée au scrutin de 2014 reste à confirmer.