Ces civils, en majorité issus "des communautés noires et indigènes de la municipalité de Bojaya (Choco), souffrent d'une situation de confinement due à la confrontation armée entre les AGC (milices d'Autodéfense gaïtanistes de Colombie) et l'ELN (Armée de libération nationale)", a dénoncé l'entité publique de protection des droits dans un communiqué. "Cette situation s'est aggravée durant le mois de septembre et au cours de cette semaine", a-t-elle ajouté. En outre, au moins 16 leaders communautaires ont été menacés et la population, terrorisée, s'est opposée à leur présence dans la zone. Les communications avec la municipalité sont limitées du fait que les groupes armés "ont installé des mines anti-personnel dans les zones de couverture téléphonique", toujours selon la même source. Le Défenseur du peuple a "urgemment" appelé les autorités à "coordonner une attention humanitaire" en faveur de ces habitants, qui se retrouvent piégés, sans accès à la pêche ou à leurs cultures, et de ce fait sans alimentation suffisante. Sévèrement affecté par le conflit armé colombien, le département du Choco compte d'importantes plantations de coca, matière première de la cocaïne, et il occupe une position stratégique pour l'exportation de la drogue vers les Etats-Unis par l'océan Pacifique. Il y a eu 21.100 personnes déplacées par la violence entre 2017 et 2018 dans le Choco, selon le registre officiel des victimes du conflit armé qui déchire la Colombie depuis plus d'un demi-siècle. Considérée comme la dernière guérilla du pays, depuis le désarmement des Forces armées révolutionnaires de Colombie (Farc) qui ont signé la paix en 2016 avec le gouvernement, l'ELN compte environ 2.300 combattants et un important réseau de soutien dans les zones urbaines. Apparue en 1964 et inspirée des idées du révolutionnaire Ernesto "Che" Guevara, cette rébellion opère dans 10% des 1.100 municipalités du pays, selon des études indépendantes. Les AGC sont pour leur part le bras armé du Clan del Golfo, principal gang de narco-trafiquants de Colombie, issu de la démobilisation des milices paramilitaires d'extrême-droite en 2006. (Belga)