"Nous sommes heureux d'annoncer que le Bureau de la COP a convenu que la COP25 aura lieu du 2 au 13 décembre à Madrid, en Espagne", a indiqué dans une brève déclaration la secrétaire exécutive de l'UNFCCC, Patricia Espinosa. Le président chilien avait annoncé mercredi que son pays, confronté à une grave crise sociale, n'était plus en mesure d'organiser le sommet de l'Association des pays riverains du Pacifique (Apec), prévu le mois prochain, ni la COP25, la conférence des Nations unies sur le climat prévue en décembre. "C'est une décision très difficile et la prendre nous cause beaucoup de douleur", avait-il déclaré depuis le palais présidentiel. "Nous comprenons parfaitement l'importance de l'Apec et de la COP pour le Chili et le monde entier, mais nous avons pris notre décision sur base du bon sens", avait-il ajouté, estimant qu'"un président doit faire passer son peuple avant tout le reste." Le Chili est en proie depuis le 18 octobre à une vague de contestation sociale sans précédent qui a fait une vingtaine de morts et des centaines de blessés. Après l'annonce du renoncement chilien, le chef du gouvernement espagnol Pedro Sanchez a proposé de reprendre l'organisation de la COP25. Elle se déroulera donc à Madrid, aux mêmes dates que celles prévues initialement à Santiago. Madrid a indiqué avoir fait cette proposition "vu le court délai disponible et l'importance de garantir que la COP25 se tienne normalement", et même si le pays doit tenir le 10 novembre des élections législatives. Or, selon les sondages, aucun parti ne semble se diriger vers une majorité absolue et le pays risque donc d'être en pleines tractations pour la formation d'un gouvernement au moment de la COP. Le chef du gouvernement espagnol Pedro Sanchez s'est félicité sur Twitter vendredi de "l'excellente nouvelle" de la confirmation du changement par l'Onu, assurant que "l'Espagne travaille déjà pour garantir le bon déroulement de la #COP25". Car c'est bien le défi de réorganiser en quatre semaines les plans pour les quelque 25.000 délégués initialement attendus à Santiago qui va dominer les derniers préparatifs d'une conférence dont l'objectif affiché est de convaincre les États de rehausser leurs engagements en 2020 pour tenir les objectifs de l'accord de Paris, soit un réchauffement "nettement en dessous de deux degrés" par rapport à l'ère pré-industrielle et si possible 1,5°C. Outre les diplomates, les "Conférences des parties", nom officiel des COP, rassemblent des milliers de participants issus de la société civile -ONG, syndicats, partis notamment- venus aiguillonner les négociateurs officiels. Exemple iconique de cette participation, la jeune militante suédoise Greta Thunberg, initiatrice des grèves de jeunes pour le climat. Elle refuse de prendre l'avion et avait traversé l'Atlantique en voilier pour participer début septembre à un sommet climat de l'Onu à New York avant de se rendre à Santiago pour la COP... "Je vais avoir besoin d'un peu d'aide, " a-t-elle lancé sur Twitter. "Il se trouve que j'ai traversé la moitié du monde, dans le mauvais sens:) Maintenant je dois trouver un moyen de traverser l'Atlantique en novembre. Si quelqu'un pouvait m'aider à trouver un moyen de transport je serais tellement reconnaissante". (Belga)