Au nord du pays, où Youth for Climate avait initialement été lancé, le mouvement semble peu à peu s'essouffler. La fermeté annoncée par les autorités pourrait le mettre à plat pour de bon.
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Au nord du pays, où Youth for Climate avait initialement été lancé, le mouvement semble peu à peu s'essouffler. La fermeté annoncée par les autorités pourrait le mettre à plat pour de bon. Lors de la précédente législature, le gouvernement flamand avait prévu un plan de prévention contre l'école buissonnière et une intervention plus rapide lors de cas problématiques. Face à l'arrivée et au succès des " grèves scolaires ", l'ex-ministre de l'Enseignement, Hilde Crevits (CD&V), s'était montrée compréhensive envers les protestataires. Dans un communiqué envoyé aux écoles, elle avait indiqué soutenir la participation des lycéens aux marches climatiques " si elle se tient dans le cadre d'une activité extrascolaire liée à un projet pédagogique, à des objectifs d'enseignement et à un programme d'apprentissage ". Sa position avait même mené certaines écoles à obliger leurs élèves à manifester. Une situation qui avait soulevé un tollé du côté des nationalistes flamands. C'est donc sans hésitation qu'à peine installé à son poste, Ben Weyts a remis de l'ordre sur les bancs scolaires. " Aucune raison n'est assez bonne pour ne pas aller à l'école ", a commenté son porte-parole. A l'heure actuelle, le cabinet Weyts ne sait pas encore de quelle façon il pourrait procéder pour imposer le respect des règles. C'est peut-être la raison pour laquelle Jan Jambon (N-VA) a choisi de jouer la carte de la persuasion. " Une des solutions aux questions climatiques réside dans la technologie. Mais pour y arriver, il faut aller à l'école, enrichir ses connaissances pour contrer, avec nous, ces problèmes ", a lancé le ministre-président flamand. Sur le fond de l'affaire - le changement climatique - les autorités semblent avoir fait fi du message d'alerte clamé durant des mois par une foule de jeunes. Alors que leurs prochaines actions pourraient être compromises par d'éventuelles mesures gouvernementales, l'engouement montre déjà des signes d'affaiblissement. A Bruges, la section locale de Youth for Climate, qui comptait quelque 1 500 membres, a fermé ses portes après avoir perdu tous ses adhérents. Si la pression exercée sur les pouvoirs publics n'a pas abouti à l'effet escompté, elle a malgré tout eu un véritable retentissement au sein des établissements scolaires. L'engagement pour la protection de la planète n'a jamais été aussi grand. Les lycées ont ainsi multiplié les ateliers thématiques, les projets écologiques et les actions participatives, tantôt symboliques, tantôt innovantes. Cette réponse digne face au manque d'ambition politique constitue à elle seule une victoire du mouvement.