Concrètement, la procédure dite "S460" permettait à Infrabel de faire des travaux lourds sur une voie tout en autorisant la circulation sur une autre, sous la surveillance d'un agent. Celui-ci était en contact permanent avec la cabine de signalisation pour garantir le libre accès de la voie aux convois (fret, voyageurs). Mais depuis cette décision du Service de Sécurité et d'Interopérabilité des Chemins de Fer (SSICF), entrée en vigueur le 18 mai 2018, Infrabel se voit contrainte, pour la plupart des chantiers impliquant l'usage d'engins lourds, d'effectuer des mises hors service complètes (donc les 2 voies) des lignes concernées. Ce qui pénalise fortement la circulation des trains en matière de ponctualité et de régularité. "Du jour au lendemain, Infrabel a été contrainte de suspendre des dizaines de chantiers et de replanifier des centaines d'autres, afin de tenir compte de cette nouvelle obligation, ce qui a eu un double impact sur nos clients. D'une part, la disponibilité du réseau a diminué de manière presque mécanique. D'autre part, le processus de planification - qui prévoit des prévisions de travaux au moins six mois à l'avance - a été complètement chamboulé. Durant l'année 2018, Infrabel a dû parer au plus pressé et gérer cette situation nouvelle dans l'urgence", indique le gestionnaire de l'infrastructure. Par ailleurs, au terme de six mois de travail en collaboration avec le SSICF, depuis le 1er janvier 2019, une nouvelle procédure 'S460' est d'application, permettant de travailler avec un service à voie unique dans des conditions strictes, précise encore Infrabel. Infrabel dit regretter que tous ses efforts en vue d'aider les entreprises ferroviaires, dont Lineas, à faire face à cette situation nouvelle "ne reçoivent d'autre réponse qu'une citation en justice". Le gestionnaire de l'infrastructure déplore enfin que "l'opérateur Lineas reste en défaut de paiement pour des factures depuis plus de six mois, aggravant encore les difficultés du gestionnaire d'infrastructures". (Belga)