"Il y a toujours eu un fort mouvement régionaliste au sein du PS", déclare Christophe Collignon. Mais ce courant a-t-il pesé sur la décision du président du PS Paul Magnette de négocier avec la N-VA à propos de la formation d'un gouvernement fédéral ? "Bien sûr, la N-VA n'est pas le partenaire privilégié du PS, mais c'est le plus grand parti de Flandre. En raison de la crise du coronavirus, presque tous les partis sont désormais également favorables aux investissements publics et à l'abandon de la discipline budgétaire. Cela aide. En o...

"Il y a toujours eu un fort mouvement régionaliste au sein du PS", déclare Christophe Collignon. Mais ce courant a-t-il pesé sur la décision du président du PS Paul Magnette de négocier avec la N-VA à propos de la formation d'un gouvernement fédéral ? "Bien sûr, la N-VA n'est pas le partenaire privilégié du PS, mais c'est le plus grand parti de Flandre. En raison de la crise du coronavirus, presque tous les partis sont désormais également favorables aux investissements publics et à l'abandon de la discipline budgétaire. Cela aide. En outre, au sein du PS, sous l'influence des régionalistes, la conviction que la Belgique ne fonctionne plus", gagne effectivement du terrain dit Collignon, "et qu'une réforme de l'État est nécessaire."Des analyses similaires ont récemment été entendues par des figures de proue du PS wallon comme Pierre-Yves Dermagne, ministre wallon du Logement et des Pouvoirs locaux et étoile montante du PS, et Nicolas Martin, le jeune bourgmestre populaire de Mons. "C'est la nouvelle génération de régionalistes au sein du PS", déclare Collignon. "Mais au fond, on peut dire qu'aujourd'hui, presque tous les socialistes du gouvernement et du parlement wallon sont des régionalistes convaincus.""Nous avons tous le sentiment", poursuit-il, "que l'État fédéral - c'était certainement le cas sous le gouvernement Michel - travaille presque exclusivement pour la Flandre. Prenons la réforme de la justice : elle a été conçue entièrement pour la Flandre et non adaptée à la Wallonie. L'État est flamand, et non fédéral. Nous devons rétablir l'équilibre et construire la Belgique à partir de quatre régions à part entière".Les régions, où le PS est politiquement dominant ? "En effet, nous pensons que nous ne sommes pas plus bêtes que les autres et qu'à Namur, nous sommes tout à fait capables de mener une politique plus favorable à notre population". N'est-ce pas surtout la loi de financement, préjudiciable à la Wallonie à long terme, qui amène le PS à la table des négociations institutionnelles ? "Pas vraiment", estime le député wallon. "C'est plutôt : si nous ne négocions pas maintenant, ce sera encore plus difficile après les prochaines élections. Mais il y a aussi l'idée que si nous commençons à parler aux Flamands, nous ne devons pas commettre la même erreur que par le passé en disant : 'Les Wallons ne sont demandeurs de rien'. Nous sommes bel et bien demandeurs. Bien que la sécurité sociale reste notre ligne rouge".Ce que la Flandre a également tendance à oublier, conclut Collignon, c'est que le PS a bel et bien une aile nettement à gauche, c'est principalement un parti de sociaux-démocrates de centre-gauche. "Il y a chez nous une majorité de pragmatiques."