Depuis des années, Pékin cherche à resserrer son emprise sur cette vaste région du nord-ouest du pays, frappée un temps par des attentats meurtriers commis contre des civils. Le pouvoir communiste les avait attribués à des séparatistes et islamistes de la minorité ouïghoure, des musulmans qui parlent une langue apparentée au turc. Les Ouïghours représentent un peu moins de la moitié des 25 millions d'habitants du Xinjiang, région stratégique frontalière notamment du Pakistan, du Kazakhstan et de la Mongolie. Des millions de Hans, l'ethnie majoritaire en Chine, s'y sont installés ces dernières décennies en quête d'un travail, ce qui a pu créer du ressentiment chez les autochtones. Pour mettre fin à ces tensions, les autorités entendent peser sur la démographie par le contrôle des naissances des minorités, affirme dans une étude le chercheur allemand Adrian Zenz. Ainsi, la proportion de Hans sera mathématiquement plus importante au Xinjiang, avance le chercheur qui dit avoir étudié de nombreux documents officiels du Xinjiang. Dans le sud de la région, où les Ouïghours sont les plus nombreux, la proportion de Hans passerait ainsi à 25% dans 20 ans contre 8,4% actuellement. Le contrôle des naissances mène dans certains cas à des peines de prison et peut donner lieu à des stérilisations forcées, selon Adrian Zenz. Sans planning familial appliqué aux minorités ethniques du Xinjiang, la population augmenterait naturellement de 13,14 millions de têtes d'ici 2040. Mais en l'état, ce sont entre 2,6 millions et 4,5 millions de naissances qui n'auront pas lieu, affirme-t-il. Le Xinjiang a eu pendant des dizaines d'années l'un des taux de natalité les plus élevés de toute la Chine, avec notamment une croissance rapide de la population ouïghoure. Et le pouvoir fermait les yeux sur bien des naissances "illégales", alors que le nombre d'enfants était limité à trois par famille rurale pour les minorités ethniques. Mais les contrôles ont été durcis à partir de 2017. Au Xinjiang, le taux de natalité a ainsi été pratiquement divisé par deux entre 2017 et 2019, d'après l'Institut australien de politique stratégique (Aspi) - financé par le département d'État américain - qui s'appuie sur une analyse de chiffres officiels. Adrian Zenz est chercheur auprès de la Jamestown Foundation, une organisation qui revendique d'avoir "contribué directement à la chute du communisme" en Europe. (Belga)

Depuis des années, Pékin cherche à resserrer son emprise sur cette vaste région du nord-ouest du pays, frappée un temps par des attentats meurtriers commis contre des civils. Le pouvoir communiste les avait attribués à des séparatistes et islamistes de la minorité ouïghoure, des musulmans qui parlent une langue apparentée au turc. Les Ouïghours représentent un peu moins de la moitié des 25 millions d'habitants du Xinjiang, région stratégique frontalière notamment du Pakistan, du Kazakhstan et de la Mongolie. Des millions de Hans, l'ethnie majoritaire en Chine, s'y sont installés ces dernières décennies en quête d'un travail, ce qui a pu créer du ressentiment chez les autochtones. Pour mettre fin à ces tensions, les autorités entendent peser sur la démographie par le contrôle des naissances des minorités, affirme dans une étude le chercheur allemand Adrian Zenz. Ainsi, la proportion de Hans sera mathématiquement plus importante au Xinjiang, avance le chercheur qui dit avoir étudié de nombreux documents officiels du Xinjiang. Dans le sud de la région, où les Ouïghours sont les plus nombreux, la proportion de Hans passerait ainsi à 25% dans 20 ans contre 8,4% actuellement. Le contrôle des naissances mène dans certains cas à des peines de prison et peut donner lieu à des stérilisations forcées, selon Adrian Zenz. Sans planning familial appliqué aux minorités ethniques du Xinjiang, la population augmenterait naturellement de 13,14 millions de têtes d'ici 2040. Mais en l'état, ce sont entre 2,6 millions et 4,5 millions de naissances qui n'auront pas lieu, affirme-t-il. Le Xinjiang a eu pendant des dizaines d'années l'un des taux de natalité les plus élevés de toute la Chine, avec notamment une croissance rapide de la population ouïghoure. Et le pouvoir fermait les yeux sur bien des naissances "illégales", alors que le nombre d'enfants était limité à trois par famille rurale pour les minorités ethniques. Mais les contrôles ont été durcis à partir de 2017. Au Xinjiang, le taux de natalité a ainsi été pratiquement divisé par deux entre 2017 et 2019, d'après l'Institut australien de politique stratégique (Aspi) - financé par le département d'État américain - qui s'appuie sur une analyse de chiffres officiels. Adrian Zenz est chercheur auprès de la Jamestown Foundation, une organisation qui revendique d'avoir "contribué directement à la chute du communisme" en Europe. (Belga)