Durant sept semaines, focus sur un parti francophone en lice pour le scrutin du 26 mai prochain. Cette semaine: Ecolo.
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Si Ecolo a objectivement peu de leçons de féminisme à recevoir, ce n'est pas un hasard : il s'est volontairement doté de règles très strictes en matière de parité, l'imposant à la coprésidence, bien sûr, mais aussi au Conseil de fédération, le parlement interne du parti, à son bureau, et aux autres instances régionales et locales, bref, partout, jusqu'aux têtes de liste aux élections qui doivent globalement se partager entre hommes et femmes un jour de scrutin régional et fédéral. " Par ses structures et son mode de fonctionnement interne ainsi que par le recrutement de ses membres, Ecolo agit de façon à amener les femmes à participer à toutes les activités du parti et à prendre leur part de responsabilité et de pouvoir ", proclame l'article 4 de ses statuts. Mais ce que la loi ne règle pas est souvent mis à profit par le dominant pour dominer. Sorti lessivé d'élections difficiles en 2014, Ecolo s'est replié sur des figures connues, toutes masculines, Zakia Khattabi excepté. Au Parlement fédéral, où quatre députés sur six sont des femmes, Jean-Marc Nollet, Georges Gilkinet et, avant son départ à Bruxelles-Ville, Benoit Hellings, tinrent la vedette, comme le fit Stéphane Hazée à Namur, à la tête d'un quatuor vert ne comprenant qu'une seule femme. A la Région de Bruxelles, Alain Maron fut même plus en vue que sa cheffe d'un groupe pourtant majoritairement féminin, Zoé Genot. Et le toit du parti semble bien isolé par un plafond de verre, puisque le directeur politique aussi bien que le patron du centre d'études sont, eux aussi, des hommes, comme le sont les quatre bourgmestres bruxellois issus de la victoire historique aux communales d'octobre 2018. Mêmes plus strictes qu'ailleurs, les règles ne suffisent donc pas. Certain.e.s pensent, du reste, à les adapter.