Le chef du gouvernement a confirmé que son équipe avait demandé à la direction de l'entreprise de "revoir sa copie sur le fond et la forme", notamment en évitant les licenciements secs, une perspective que la CEO de Proximus Dominique Leroy a dit jeudi après-midi ne pas pouvoir exclure.

Le Premier ministre a été mis sur le gril par l'opposition à l'ancien gouvernement suédois. Cette dernière doute que le gouvernement n'ait pas été averti de l'imminence d'un plan de transformation alors que l'État, toujours majoritaire au sein de l'entreprise publique autonome, y dispose d'administrateurs dont le président.

"Je suppose que Stefaan De Clerck et Karel De Gucht ont un téléphone", a ironisé David Geerts (sp.a), évoquant ces deux anciens ministres CD&V et Open Vld devenus membres du CA de Proximus.

Vilipendant l'action d'une entreprise dont les bénéfices n'ont jamais été aussi importants depuis dix ans, Raoul Hedebouw (PTB) a pointé du doigt le rôle des administrateurs étiquetés Open Vld, CD&V, MR et PS.

Le chef du gouvernement a rappelé les exigences légales qui s'imposent au fonctionnement d'une entreprise publique autonome cotée en bourse.

Les mêmes partis ont reproché au gouvernement d'avoir mis la pression sur Proximus en annonçant l'ouverture du marché à un quatrième opérateur de manière à obtenir une diminution des prix. Le nouveau ministre de tutelle Philippe De Backer a démenti que cette ambition ait influencé l'annonce d'un plan social. Il entend continuer sur la même voie. Olivier Maingain (DéFI) a annoncé le dépôt d'une proposition de résolution demandant d'interrompre le processus d'ouverture du marché à un quatrième opérateur.

Le gouvernement veut que son dividende soit important, que les prix soient limités, qu'il y ait un quatrième opérateur, "il demande le beurre, l'argent du beurre et le sourire de la crémière", a résumé Anne-Catherine Goffinet (cdH).

Pour Karine Lalieux (PS), la situation actuelle est la conséquence des mesures prises par le gouvernement Michel en vue de réduire le pouvoir de l'État dans les entreprises publiques autonomes.

Le député Gilles Vanden Burre (Ecolo) ne comprendrait pas que l'on ne puisse offrir une deuxième chance aux travailleurs visés par la réorganisation, via une formation et un accompagnement leur permettant de postuler pour une offre telle que celle qui sera proposée aux futurs 1.250 nouveaux engagés. Le Premier ministre a abondé dans le même sens.

Une discussion s'est engagée depuis les bancs de la N-VA et de l'Open Vld pour fustiger un éventuel recours aux dispositifs de revenus avec compléments d'entreprise (RCC, anciennes prépensions). Jugée inappropriée à ce stade par le sp.a, eu égard à la détresse qui attend les 1.900 travailleurs qui resteront sur le carreau, cette opportunité a en outre été rejetée par le ministre de l'Emploi Kris Peeters pour des raisons techniques. La loi sur les RCC (à partir de 59 ans en 2019, 60 ans au-delà) ne s'applique pas aux entreprises publiques sauf en cas de consensus au sein du conseil d'entreprise et de validation par le conseil des ministres. Une telle situation ne s'est plus produite depuis une réorganisation en 1999 chez Belgacom.