Il fut un temps, en 1976, où l'Europe avait établi une heure d'été pour faire face au péril énergétique. C'était l'ère de la crise pétrolière. On ne parlait pas encore de réchauffement climatique, mais la sécheresse, cette année-là, en préfigurait les méandres. Quarante-deux ans plus tard, l'Union européenne a décidé de faire machine arrière après avoir consulté le "peuple". Les progrès technologiques ont rendu ce décalage d'une heure obsolète. Et les méfaits de ce grand choc sur l'organisme ont convaincu une population obsédée par la santé qu'il faut revenir à la situation antérieure. Soit. Mais qui aurait penser que cette décision, a priori insignifiante, deviendrait un vaudeville reflétant tout le malaise du monde politique face à la défiance citoyenne ?

Acte Premier. Va-t-on choisir l'heure d'été ou l'heure d'hiver ? Jean-Claude Juncker et sa Commission européenne, las de voir l'Europe sans cesse décriée pour son inefficacité et accusée de se mêler de ce qui ne la regarde pas, choisissent malicieusement de transmettre la patate chaude aux Etats-membres. Ah, vous pensez que l'Union ne sert à rien ? Hé bien tirez votre plan, cette fois ! Par défaut, il s'agit e, réalité de montrer que l'Europe est utile pour éviter le chaos sur ce continent à la diversité confondante. Mais le résultat, grince un lecteur du Soir, c'est que l'on risque d'avoir des décalages entre pays européens. Voire, si l'on pousse la logique jusqu'à l'absurde, entre la Flandre et la Wallonie, avec une demi-heure à Bruxelles pour couper la poire en deux ? Les dirigeants européens sont découragés, on peut le comprendre. Mais cette pirouette risquent d'ajouter de l'incompréhension à l'incompréhension, à l'heure où l'opinion publique peine déjà à comprendre l'évidence selon laquelle "plus d'Europe" serait nécessaire pour gérer les crises migratoires.

Acte Deux. La Belgique et les Pays-Bas privilégient, a priori, des options différentes : l'heure d'été chez nous, l'heure d'hiver chez nos voisins. Comment s'en sortir ? Charles Michel et son gouvernement, las d'être sans cesse cloués au pilori par les citoyens, proposent malicieusement d'organiser une consultation populaire sur le sujet. Si possible dans le Benelux, afin que cette décision concrète et historique repose sur une assise populaire. Et tant pis si notre Constitution interdit tout référendum contraignant, depuis que le Nord et le Sud se sont étripés sur la question royale... Nos représentants politiques sont préoccupés, on peut le comprendre, par cette colère citoyenne qui les rejettent. Mais ce beau geste risque d'ajouter une couche supplémentaire de défiance à l'heure où, au fond, les "gens" attendant de leurs représentants qu'ils prennent des décisions courageuses - oui, c'est vrai, le signal citoyen n'est pas toujours facile à comprendre...

Juncker, Michel et leurs troupes ont sans doute les meilleurs intentions du monde dans cette saga du changement d'heure. Leur attitude, pourtant, risquent de semer davantage de zizanie encore sur un thème qui, c'est le moins que l'on puisse dire, aurait pu éviter cette inutile confusion.

Il fut un temps, en 1976, où l'Europe avait établi une heure d'été pour faire face au péril énergétique. C'était l'ère de la crise pétrolière. On ne parlait pas encore de réchauffement climatique, mais la sécheresse, cette année-là, en préfigurait les méandres. Quarante-deux ans plus tard, l'Union européenne a décidé de faire machine arrière après avoir consulté le "peuple". Les progrès technologiques ont rendu ce décalage d'une heure obsolète. Et les méfaits de ce grand choc sur l'organisme ont convaincu une population obsédée par la santé qu'il faut revenir à la situation antérieure. Soit. Mais qui aurait penser que cette décision, a priori insignifiante, deviendrait un vaudeville reflétant tout le malaise du monde politique face à la défiance citoyenne ?Acte Premier. Va-t-on choisir l'heure d'été ou l'heure d'hiver ? Jean-Claude Juncker et sa Commission européenne, las de voir l'Europe sans cesse décriée pour son inefficacité et accusée de se mêler de ce qui ne la regarde pas, choisissent malicieusement de transmettre la patate chaude aux Etats-membres. Ah, vous pensez que l'Union ne sert à rien ? Hé bien tirez votre plan, cette fois ! Par défaut, il s'agit e, réalité de montrer que l'Europe est utile pour éviter le chaos sur ce continent à la diversité confondante. Mais le résultat, grince un lecteur du Soir, c'est que l'on risque d'avoir des décalages entre pays européens. Voire, si l'on pousse la logique jusqu'à l'absurde, entre la Flandre et la Wallonie, avec une demi-heure à Bruxelles pour couper la poire en deux ? Les dirigeants européens sont découragés, on peut le comprendre. Mais cette pirouette risquent d'ajouter de l'incompréhension à l'incompréhension, à l'heure où l'opinion publique peine déjà à comprendre l'évidence selon laquelle "plus d'Europe" serait nécessaire pour gérer les crises migratoires.Acte Deux. La Belgique et les Pays-Bas privilégient, a priori, des options différentes : l'heure d'été chez nous, l'heure d'hiver chez nos voisins. Comment s'en sortir ? Charles Michel et son gouvernement, las d'être sans cesse cloués au pilori par les citoyens, proposent malicieusement d'organiser une consultation populaire sur le sujet. Si possible dans le Benelux, afin que cette décision concrète et historique repose sur une assise populaire. Et tant pis si notre Constitution interdit tout référendum contraignant, depuis que le Nord et le Sud se sont étripés sur la question royale... Nos représentants politiques sont préoccupés, on peut le comprendre, par cette colère citoyenne qui les rejettent. Mais ce beau geste risque d'ajouter une couche supplémentaire de défiance à l'heure où, au fond, les "gens" attendant de leurs représentants qu'ils prennent des décisions courageuses - oui, c'est vrai, le signal citoyen n'est pas toujours facile à comprendre... Juncker, Michel et leurs troupes ont sans doute les meilleurs intentions du monde dans cette saga du changement d'heure. Leur attitude, pourtant, risquent de semer davantage de zizanie encore sur un thème qui, c'est le moins que l'on puisse dire, aurait pu éviter cette inutile confusion.