Rappelons que c'est en 1977, suite au choc pétrolier, qu'il a été décidé d'adopter le mécanisme du changement d'heure dans notre pays pour des motifs essentiellement liés à des économies d'énergie. L'idée originelle était donc de permettre, grâce à l'allongement de la période d'ensoleillement, une réduction de la consommation énergétique globale des ménages.

Cette stratégie est-elle toujours adaptée à l'heure actuelle, après quatre décennies d'évolutions sociétales, technologiques, énergétiques, sanitaires et économiques ? A ce jour, elle peut en tout cas sembler désuète, en témoignent par exemple les innombrables débats dans les instances européennes, en charge désormais de l'harmonisation du dispositif sur l'ensemble du continent depuis 2001.

Déjà en 2007, la Commission européenne avait admis que les effets bénéfiques - et donc les économies d'énergie - restaient difficiles à déterminer et étaient en tout cas relativement limités. Du côté des Etats membres, les avantages attendus ou annoncés du changement d'heure ne permettraient pas de compenser les inconvénients ressentis par les populations.

En effet, au-delà de toute considération politique ou énergétique, le changement semestriel d'heure reste largement critiqué en raison de l'impact négatif qu'il génèrerait sur la santé des individus, spécifiquement auprès des plus jeunes et des seniors. Troubles du sommeil et de l'attention, dérèglement de l'horloge biologique interne, modification de l'humeur et multiplication des crises cardiaques endéans les 7 jours qui suivent le changement d'heure sont autant de griefs que lui adressent ses détracteurs ! Qui plus est, d'après VIAS, ex-IBSR, les accidents de la route augmentent de plus de 60 % suite au changement d'heure.

En marge de ces effets négatifs sur l'humain, l'agriculture n'est, à son tour, pas épargnée. Sont ici visées les modifications induites par un changement du rythme de travail et ses conséquences directes sur les animaux. Les résultats de cet impact sont d'ailleurs assez visibles et mesurables sur le niveau de production de lait et sa qualité.

A la lumière de ces différents éléments, le Parlement européen a adopté (384 voix pour, 153 contre et 12 abstentions) au mois de février dernier une résolution appelant à une évaluation détaillée du système actuel et, si nécessaire, à la révision des règles en vigueur.

Et en Belgique, où en est-on ? Si la question ressurgit chaque année comme de coutume, les choses commencent à avancer. Doucement. En particulier lorsque, toujours plus nombreux sont les citoyens à demander une réévaluation du dispositif sur base d'études concrètes. C'est pourquoi nous avons déposé une proposition de résolution qui est actuellement débattue au Parlement fédéral. Sur base d'une étude scientifique globale à mener par les universités européennes, nous réclamons, le cas échéant, l'abrogation du dispositif.

Aujourd'hui, l'heure est venue de mener le débat jusqu'à son terme et de le trancher définitivement. Tirer un trait sur un dispositif du siècle dernier, dont les multiples inconvénients ne sont plus à démontrer, n'est-il pas simplement une question de bon sens ? Après 40 ans, l'heure de la fin va-t-elle bientôt et résolument sonner ?

Gautier CALOMNE - Député fédéral MR - Conseiller communal d'Ixelles

David CLARINVAL - Député fédéral & Chef de groupe MR - Bourgmestre de Bièvre

Rappelons que c'est en 1977, suite au choc pétrolier, qu'il a été décidé d'adopter le mécanisme du changement d'heure dans notre pays pour des motifs essentiellement liés à des économies d'énergie. L'idée originelle était donc de permettre, grâce à l'allongement de la période d'ensoleillement, une réduction de la consommation énergétique globale des ménages.Cette stratégie est-elle toujours adaptée à l'heure actuelle, après quatre décennies d'évolutions sociétales, technologiques, énergétiques, sanitaires et économiques ? A ce jour, elle peut en tout cas sembler désuète, en témoignent par exemple les innombrables débats dans les instances européennes, en charge désormais de l'harmonisation du dispositif sur l'ensemble du continent depuis 2001.Déjà en 2007, la Commission européenne avait admis que les effets bénéfiques - et donc les économies d'énergie - restaient difficiles à déterminer et étaient en tout cas relativement limités. Du côté des Etats membres, les avantages attendus ou annoncés du changement d'heure ne permettraient pas de compenser les inconvénients ressentis par les populations.En effet, au-delà de toute considération politique ou énergétique, le changement semestriel d'heure reste largement critiqué en raison de l'impact négatif qu'il génèrerait sur la santé des individus, spécifiquement auprès des plus jeunes et des seniors. Troubles du sommeil et de l'attention, dérèglement de l'horloge biologique interne, modification de l'humeur et multiplication des crises cardiaques endéans les 7 jours qui suivent le changement d'heure sont autant de griefs que lui adressent ses détracteurs ! Qui plus est, d'après VIAS, ex-IBSR, les accidents de la route augmentent de plus de 60 % suite au changement d'heure.En marge de ces effets négatifs sur l'humain, l'agriculture n'est, à son tour, pas épargnée. Sont ici visées les modifications induites par un changement du rythme de travail et ses conséquences directes sur les animaux. Les résultats de cet impact sont d'ailleurs assez visibles et mesurables sur le niveau de production de lait et sa qualité. A la lumière de ces différents éléments, le Parlement européen a adopté (384 voix pour, 153 contre et 12 abstentions) au mois de février dernier une résolution appelant à une évaluation détaillée du système actuel et, si nécessaire, à la révision des règles en vigueur.Et en Belgique, où en est-on ? Si la question ressurgit chaque année comme de coutume, les choses commencent à avancer. Doucement. En particulier lorsque, toujours plus nombreux sont les citoyens à demander une réévaluation du dispositif sur base d'études concrètes. C'est pourquoi nous avons déposé une proposition de résolution qui est actuellement débattue au Parlement fédéral. Sur base d'une étude scientifique globale à mener par les universités européennes, nous réclamons, le cas échéant, l'abrogation du dispositif. Aujourd'hui, l'heure est venue de mener le débat jusqu'à son terme et de le trancher définitivement. Tirer un trait sur un dispositif du siècle dernier, dont les multiples inconvénients ne sont plus à démontrer, n'est-il pas simplement une question de bon sens ? Après 40 ans, l'heure de la fin va-t-elle bientôt et résolument sonner ?Gautier CALOMNE - Député fédéral MR - Conseiller communal d'IxellesDavid CLARINVAL - Député fédéral & Chef de groupe MR - Bourgmestre de Bièvre