Mais où cela s'arrêtera-t-il ? Pendant des jours, nous avons tout d'abord assisté à un minable jeu de passe-passe au sein de la défunte Suédoise pour savoir qui provoquerait une crise inévitable sur le Pacte des migrations de l'ONU. Ce sont finalement les ministres N-VA qui ont démissionné, non sans accuser leurs ex-partenaires de l'Open VLD et du CD&V, alors que le MR critique les nationalistes. Résultat : un gouvernement minoritaire, suspendu aux voeux du Parlement.
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Mais où cela s'arrêtera-t-il ? Pendant des jours, nous avons tout d'abord assisté à un minable jeu de passe-passe au sein de la défunte Suédoise pour savoir qui provoquerait une crise inévitable sur le Pacte des migrations de l'ONU. Ce sont finalement les ministres N-VA qui ont démissionné, non sans accuser leurs ex-partenaires de l'Open VLD et du CD&V, alors que le MR critique les nationalistes. Résultat : un gouvernement minoritaire, suspendu aux voeux du Parlement.Voilà désormais le deuxième acte de cette comédie de boulevard. On résume : le MR refuse de solliciter la confiance de la Chambre, estimant que ce n'est pas nécessaire parce que Michel II est la continuité de Michel I. Si tel devait être le cas, dit le MR, place à des élections anticipées (pas obligées, mais probables) ou à un gouvernement en affaire courantes qui s'apparente à un coma politique" (dixit le ministre Denis Ducarme), dont le pays n'a pas besoin. On confirme. Pourtant, des constitutionnalistes affirment que c'est bien là la coutume et l'opposition vote une motion pour demander au gouvernement de passer par la confiance, votée par tous, dont la N-VA et le PS. Incompréhension du MR, qui se demande pourquoi l'opposition n'utilise pas une motion de défiance (en clair, pourquoi ne prend-elle pas l'initiative de dire qu'elle ne soutient pas le gouvernement ?). Ce faisant, les libéraux pourraient démontrer combien tous sont irresponsables et veulent bel et bien des élections anticipées. Pression maximale d'ici mardi, quand ce charivari déboulera au Parlement.Vous n'avez pas tout suivi ? C'est assez normal, vu le caractère ubuesque de la situation.Alors on résume ce que cela cache. MR et N-VA ont rompu sur la question identitaire qui déchire toute l'Europe pour le moment, l'un pour pêcher à l'extrême droite, l'autre pour se recentrer. Bon, OK. Désormais, le PS entend démontrer que le MR reste toujours sous la coupe de la N-VA qui continuerait à soutenir de l'extérieur des réformes socio-économiques. Raison pour laquelle Elio Di Rupo et les autres préféreraient une orange bleue en affaires courantes. Mais le MR, lui, se la joue responsable et accuse PS et N-VA de reconstituer la fracture qui avait longuement bloqué le pays en 2010-2011. Tous essayent de se positionner pour grappiller quelques pourcents d'ici aux élections du 26 mai prochain (à moins que l'on ne vote anticipativement, à force de jouer avec le feu).Franchement : STOP !Ne serait-ce pas trop demander de cesser ces jeux politiciens dont on ne sait comment répéter qu'ils entachent la crédibilité de tout le monde politique démocratique. Est-ce déplacé de dire que la rue de la Loi démontre surtout, ce faisant, son implacable impuissance face aux enjeux urgents de l'heure. La solution, elle existe, temporairement : il s'agit de tenter de trouver de larges majorités pour prendre à bras-le-corps les angoisses de fin de mois et la peur de la fin du monde. Et, non, M. Maingain, il ne s'agit pas de faire du "shopping parlementaire", mais bel et bien de se comporter en hommes d'Etat. Est-ce trop demander ?