La coalition antibalaka et le groupe Unité pour la Paix en Centrafrique (UPC), qui se sont affrontés, ont pourtant tous deux signé un accord de paix conclu en février entre le gouvernement et 14 groupes rebelles d'une part, et entre ces groupes rivaux eux-mêmes d'autre part. Les combats ont eu lieu dans les villages de Bangao et Lioto de la préfecture de la Ouaka, dans le sud, ont affirmé lundi à l'AFP des responsables de la Mission des Nations unies en Centrafrique (Minusca), qui parlent d'au moins 12 morts, sous couvert de l'anonymat. "Les gens ont fui en brousse et les villages alentours sont déserts", a assuré à l'AFP Benoît Nguipouganza, le directeur de l'ONG Caritas à Bambari, à une centaine de km au nord de Lioto. Il a évoqué, lui aussi, une "dizaine de morts". Des responsables de deux autres ONG opérant sur place ont confirmé à l'AFP que les combats avaient fait au moins une dizaine de morts et que des maisons ainsi que la mosquée de Bangao avaient été incendiées. "Il y a eu des morts", a confirmé au téléphone à l'AFP Antoine Mbao-Bogo, directeur de la Croix-Rouge centrafricaine, sans pouvoir donner de bilan tant la zone est difficile d'accès et privée de réseau téléphonique. Les antibalaka sont des milices qui avaient pris les armes en 2013 contre la rébellion de la Séléka, laquelle venait de renverser à Bangui le président François Bozizé. Ce coup d'Etat marqua le début d'une guerre civile très meurtrière dans ce pays parmi les plus pauvres du continent. Pour l'heure, l'UPC accuse dans un communiqué les antibalaka de les avoir attaqués dans un village et "tué 11 personnes". La coalition antibalaka, elle, n'a toujours pas réagi. Depuis la signature, le 6 février à Khartoum, d'un accord de paix entre le gouvernement et 14 groupes armés, le pays connaît une accalmie toute relative. Des combats éclatent de manière sporadique dans diverses régions entre groupes rivaux et des crimes sont encore régulièrement commis par les uns et les autres contre les civils. (Belga)