Cécile Djunga est devenue un symbole de la lutte contre ce racisme décomplexé qui se manifeste sur les réseaux sociaux. Mardi, un procès s'est ouvert devant le tribunal correctionnel à l'encontre d'un homme qui l'avait insultée. C'était en 2018 : il avait "sutilement" invoqué sa "salle race congoïde" en souhaitant qu'elle fasse l'objet d'une "agression mortelle".
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Cécile Djunga est devenue un symbole de la lutte contre ce racisme décomplexé qui se manifeste sur les réseaux sociaux. Mardi, un procès s'est ouvert devant le tribunal correctionnel à l'encontre d'un homme qui l'avait insultée. C'était en 2018 : il avait "sutilement" invoqué sa "salle race congoïde" en souhaitant qu'elle fasse l'objet d'une "agression mortelle".La comédienne s'en réjouit. "Aujourd'hui il est temps que la peur change de camp", a-t-elle lancé sur Twitter. Et à tous ceux qui avaient relayé son cri du coeur voici deux eux, elle a envoyé un message: "Aujourd'hui, je partage avec vous une victoire dans notre lutte à tous contre le racisme "C'était en 2018, donc. Cette année-là, la présentatrice météo déborde. Heurtée par le message de trop, lancé cette fois au standard téléphonique de la chaîne publique: "Votre présentatrice est trop noire, on ne voit rien à part ses vêtements, elle ne passe pas bien à l'écran. Surtout, dites-le lui." C'est la blessure de trop, elle le clame tout sourire, puis en larmes, dans un vidéo publiée sur son Facebook; "Salut tout le monde, j'en ai une bonne pour vous...", commence-t-elle. "Cela m'a d'abord fait beaucoup dire", poursuit-il en imaginant cette dame devant la télévison. Puis, elle craque: "Recevoir des 'sale négresse, rentre dans ton pays', c'est pas drôle quoi." En fin d'année, la vidéo a été vue près de trois millions de fois.Cette fois, plus question de se laisser faire. Avec le soutien de la RTBF, elle entame une procédure judiciaire qui connait donc son premier aboutissement. Un parcours du combattant. "Il a fallu chercher des preuves et cela n'a pas été simple, d'abord parce que je ne voulais pas voir ces messages donc je n'avais pas pris de capture d'écran", explique-t-elle à la RTBF. Une fois les messages trouvés, il faut prouver qu'ils comportent de la haine raciale et c'est compliqué." Devenue ce symbole elle conseille ceux qui traversent les mêmes épreuves: "Même si ce n'est pas évident, je vous conseille donc tout de même de garder toutes les preuves".Sur les mêmes réseaux sociaux, elle reçoit désormais des marques de soutien, en plus des commentaires décplacés. Notamment de la part de plusieurs ministres et élus écologistes. "Combien de victimes ont renoncé malgré les dégâts psychologiques importants!, dit le député Kalvin Soiresse Njall. C'est tellement rare d'aboutir à cette étape que ton abnégation n'en est que plus remarquable." "Les discours de haine n'ont pas leur place dans notre société!,s'exclame la ministre Bénédicte Liénard. Tout mon soutien à Cécile Djunga et à toutes les victimes de racisme et de discriminations."Elle avait déjà entendu pire que ce commentaire de 2018, nous expliquait-il alors. Depuis toujours. "C'est d'ailleurs à cause de ça que je suis devenue humoriste. En tant que comédienne, dans les castings, on ne me confiait jamais de rôle lambda. Soit parce que n'étais pas assez belge, soit pas assez noire. Alors j'ai commencé à tourner ça en dérision. Le pire, c'est que j'avais presque fini par me dire que ces insultes racistes, c'était normal. Que ça ne me touchait pas. En fait, ça me minait sans m'en rendre compte. Jusqu'à la remarque de trop." Désormais, elle a choisi de se battre. Quoi qu'il en coûte.Lire aussi: Cécile Djunga: 2018, entre progrès et régressions