Mine de rien, la stabilité du pays ne pourra que souffrir de la descente aux enfers d'un pilier historiquement central de sa défense. L'ex-CVP des Martens, Dehaene et autres Van Rompuy se cherche d'urgence un cap. Avec, fort probablement, un autre capitaine que Wouter Beke pour tenir la barre, tant la ligne présidentielle a fait naufrage. A-t-on idée de faire campagne sur la " qualité de vie " ? Le CD&V est en train de périr par ce qu'il a toujours adoré : le langage politiquement correct, la culture du consensus jugé trop mou et du compromis parfois à tout prix. Un discours bien ringard à l'heure des médias sociaux qui parlent plus aux tripes qu' à l'intelligence.

Douze élus du parti, anciens et jeunes, sont au chevet du grand corps malade avec pour mission, d'ici septembre, d'identifier maux et remèdes. En attendant l'espoir que se lève un Docteur Miracle capable de rendre une voix à un parti devenu inaudible.

Des noms circulent : Hilde Crevits, ex-ministre de l'Enseignement, populaire dans sa Flandre occidentale. Koen Geens, ministre de la Justice sortant, qui n'a pas démérité en Brabant flamand. Et pourquoi pas Hendrik Bogaert, réélu à la Chambre, lui aussi en Flandre occidentale ? A 50 ans, passé de ministre de la Fonction publique (dans le gouvernement Di Rupo) à remuant député fédéral sous la suédoise, le voilà candidat quasi déclaré à la présidence du parti, vient-il de confier au site d'opinion flamingant Doorbraak. " Mon nombre élevé de voix de préférence fait de moi le meilleur score de toutes les têtes de liste CD&V à la Chambre. "

L'homme a une vision pour redresser un parti en perdition : " Nous ne sauverons pas les meubles par un marketing frais, c'est le produit lui-même qui a besoin d'une nette rénovation. " Pour ce tenant de la ligne droite du CD&V, une résurrection devra passer par une ligne plus claire et donc plus offensive sur la question migratoire. Et par une posture communautaire moins accommodante : Hendrik Bogaert se dit juste un Flamand convaincu et, surtout, convaincu de la nécessité pour la Flandre de décrocher l'autonomie la plus large. Jusqu'à concevoir, voici dix ans, une audacieuse union personnelle entre deux Etats membres, la Flandre et la Wallonie, qui se partageraient encore un budget fédéral réduit à 15 milliards. " Je pense que ce n'est pas être séparatiste de plaider pour qu'à court terme, une bonne quarantaine de milliards d'euros (d'argent fédéral) soient transférés aux Régions (...) Personnellement, je n'ai rien contre le fait de ne maintenir au fédéral que quelques départements d'autorité, la Défense, les Affaires étrangères et ainsi de suite ", confesse le possible futur président du CD&V. Pas sûr qu'entre ses mains, le parti ramène de la stabilité dans l'axe central de la défense du pays.