"L'impact des restrictions budgétaires sera très élevé pour l'agence, alors que les exigences sécuritaires et les demandes (des Etats membres) sont de plus en plus nombreuses", a affirmé l'ex-commissaire générale de la police fédérale belge, devant la commission des affaires intérieures du Parlement européen. L'exécutif européen souhaitant faire davantage avec moins de moyens, le budget annuel de 120 millions d'euros de l'institution de coopération policière, sise à La Haye (Pays-Bas), risque d'être réduit de 20% dans le prochain cadre financier pluriannuel (2021-2027), selon les députés. "Si le budget est réduit, nous ne pourrons pas donner les résultats attendus aux Etats membres", a prévenu Mme De Bolle. "Nous le constatons déjà concernant les abus pédophiles sur internet: nous devons choisir chaque jour quel enfant l'on va tenter de sauver. Pour la criminalité organisée, nous avons un système de fixation des priorités, on ne peut s'occuper que des dossiers les plus prioritaires, au grand dam des Etats membres. Nous n'avons pas assez d'argent pour nous occuper de plus de cas". La policière cite pour exemple une difficile négociation en cours avec la Commission concernant les contractuels engagés chez Europol dans des fonctions de support (informatique, organisationnel, etc). De 208 membres effectifs, la Commission propose de passer à 148, expose-t-elle. Selon la députée Hilde Vautmans (Open Vld, Renew Europe), Europol a enregistré au cours des deux dernières années une augmentation de 65% du nombre d'opérations de soutien aux États membres. L'élue demande de fournir à Europol les moyens nécessaires pour en faire "un FBI européen". (Belga)