"Nous n'avons, nous-mêmes, pas encore lu l'analyse", indique-t-on vendredi au cabinet de M. De Crem (CD&V). "Nous avons pris contact avec l'administration, où l'on demandera à des spécialistes de regarder et analyser l'étude", a-t-on ajouté.

Le juriste Matthias Dobbelaere-Welvaert, qui avait déjà menacé il y a plusieurs mois d'attaquer la loi devant la Cour constitutionnelle, voit quant à lui la publication de cette analyse de chercheurs d'un bon oeil. Le spécialiste voyait dans le projet une violation démesurée de la vie privée, qui d'ailleurs n'apporterait pas de grands changements en termes de sécurité, alors que le but recherché est de combattre les fraudes à l'identité.

M. Dobbelaere-Welvaert, 31 ans, qui est à la base de la fondation privée "Ministry of Privacy", a créé un site internet sur le sujet (stopvingerafdruk.be), assorti d'une récolte de fonds en vue de porter l'affaire devant la Cour constitutionnelle, pour motif de violation de l'article 22 de la Constitution qui consacre le droit de chacun "au respect de sa vie privée et familiale".

Pour lui, il est positif qu'un institut indépendant ait critiqué la mesure sur base d'une analyse. "Les arguments juridiques et éthiques sont souvent difficiles à défendre, mais là c'est inscrit noir sur blanc sur base d'une analyse technique", se réjouit le juriste, qui promet d'emmener ses critiques devant la Cour constitutionnelle dans les prochains jours.