"Je demande au président Macron d'intercéder en faveur de mon mari auprès du Premier ministre Abe pour veiller à ce que ses droits soient respectés", déclare Mme Ghosn dans un communiqué. "Carlos mérite un procès équitable, qui commence par des conditions de liberté sous caution justes et la fixation d'une date de procès", ajoute Mme Ghosn, qui avait déjà appelé le président américain Donald Trump à intercéder auprès du chef du gouvernement japonais peu avant le sommet du G20 organisé au Japon en juin. Sollicité par l'AFP, l'Elysée a rappelé la position énoncée par Emmanuel Macron à l'occasion d'un déplacement à Tokyo le 26 juin. "Je pense qu'il n'appartient pas au président de la République française de venir s'immiscer publiquement dans un cas judiciaire", avait-il alors déclaré, tout en se disant "attaché au respect des droits de la défense". Carlos Ghosn a été arrêté le 19 novembre et a passé quelque 130 jours en détention à Tokyo, accusé d'abus de confiance aggravé et de fausses déclarations aux autorités pendant son mandat chez Nissan. Il a ensuite été incarcéré à une nouvelle reprise pendant trois semaines, avant d'être libéré sous caution le 25 avril et d'être soumis à un contrôle judiciaire très sévère au Japon, dont il ne peut quitter le territoire. Il est "toujours soumis à une interdiction de tout contact avec son épouse depuis 140 jours", selon Carole Ghosn. "Dire que les conditions de mise en liberté sous caution de mon mari sont cruelles et inhabituelles serait un euphémisme", ajoute-t-elle, jugeant que "la justice japonaise n'est pas alignée sur les standards des autres pays du G7". "Ce système de +justice des otages+ va bien au-delà du cas de mon mari et devrait interpeller le gouvernement français", plaide-t-elle encore. Le sommet du G7 réunit, autour du président français, les dirigeants américain, japonais, canadien, allemand, britannique et italien de samedi à lundi dans la station balnéaire du Pays basque. (Belga)