À un mois des élections du 26 mai, un nouveau sondage révèle que la famille écologiste sera la plus grande du pays. La N-VA reste de loin le plus grand parti de Flandre. Knack a demandé au politologue Carl Devos (Université de Gand) ce que le nouveau sondage peut nous apprendre sur les nouvelles coalitions, tant sur le plan régional que fédéral.
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À un mois des élections du 26 mai, un nouveau sondage révèle que la famille écologiste sera la plus grande du pays. La N-VA reste de loin le plus grand parti de Flandre. Knack a demandé au politologue Carl Devos (Université de Gand) ce que le nouveau sondage peut nous apprendre sur les nouvelles coalitions, tant sur le plan régional que fédéral. Comment estimer au mieux les résultats du nouveau sondage?Devos : Il semble que la bataille au niveau régional a déjà été menée et que les gouvernements seront relativement faciles à former. Quoi qu'il en soit, il est clair que les électeurs flamands et wallons prennent des directions idéologiques différentes.En Wallonie, on peut probablement s'attendre à une coalition de centre gauche avec le PS, Ecolo et le CDH. En Flandre, par contre, il existe encore plusieurs options. La N-VA peut être raisonnablement sûre qu'elle gouvernera, avec ou sans l'Open VLD, le CD&V ou le sp.a. Après, beaucoup de choses peuvent encore se produire dans les semaines à venir : deux tiers des électeurs ne sont pas encore sûrs de leur vote.Y a-t-il également des surprises ? Je m'attendais à ce que le Vlaams Belang obtienne de meilleurs résultats, même si dans les sondages, ce parti obtient généralement de moins bons résultats que le jour des élections. Groen aussi se porte très bien, bien que les résultats des écologistes flamands fassent pâle figure comparé à leurs collègues francophones. Les chrétiens-démocrates font beaucoup moins des deux côtés de la frontière linguistique, même si cela est conforme aux attentes.Au niveau fédéral, la formation d'un gouvernement semble devenir beaucoup plus difficile.Dans tous les cas, le terrain de jeu de la formation est complètement ouvert. Une coopération entre N-VA et Groen/Ecolo me semble de toute façon très difficile. Une coalition entre la N-VA et le PS ne sera pas facile non plus, même si les deux partis ont ouvert et fermé la porte à plusieurs reprises. Dans tous les cas, de nombreuses options restent possibles. Qui sait, cela pourrait même être très rapide et nous pourrions même avoir un gouvernement fédéral assez rapidement ? C'est très difficile à prévoir.Si la N-VA passe à côté d'une participation au gouvernement fédéral, elle peut agir depuis la Flandre au niveau national. Le parti est-il dans un fauteuil?Le parti va essayer au moins de le vendre de cette façon. Cependant, cette voie de l'opposition ne me semble pas idéale pour le parti. Il n'est pas surprenant que Bart De Wever parle d'un " cauchemar" mercredi matin en cas de coalition de chrétiens-démocrates, d'écologistes et de socialistes. Le parti réussira-t-il à vendre ça à son électorat ? Et quelle garantie a-t-il que le confédéralisme sera sur la table dans cinq ans ? On fait comme si la N-VA gagnait dans tous les scénarios, mais un soi-disant "gouvernement de façade populaire" aurait en fait un goût très amer pour le parti.La N-VA souhaite-t-elle une nouvelle coalition suédoise ? Même si les partis de la coalition suédoise se prennent une claque dans les sondages, il ne faut que 76 sièges sur 150 pour obtenir la majorité. Pour la N-VA, les enjeux des élections fédérales sont un choix fondamental entre le modèle suédois et le "gouvernement du Front populaire qui opte pour un tsunami fiscal". Il s'agit d'un remake de la campagne électorale de 2014, où le parti a présenté le scrutin comme un choix entre N-VA d'une part et le PS d'autre part.À Bruxelles, Ecolo-Groen devient le plus grand parti. Le ministre-président bruxellois sera-t-il écologiste?C'est vrai, une administration de gauche à Bruxelles semble inévitable. Il est tout à fait possible que le PS ait le Premier ministre wallon et Ecolo-Groen Bruxelles comme compromis. Alors tout le monde est satisfait.La PVDA/PTB se porte très bien des deux côtés de la frontière linguistique. Le parti sera-t-il en mesure de jouer un rôle important ?Non, le parti n'aura pas grand-chose à dire. Sa croissance en Belgique francophone est certes impressionnante, même si l'année dernière on s'attendait à beaucoup plus de la part du parti. Il fut un temps où le PTB était appelé premier parti de Wallonie, mais celui-ci est révolu. Le PS reste le parti dominant sous la barrière linguistique, bien qu'il soit suivi de près par Ecolo.Quelles seraient les conséquences pour les présidents des partis si le sondage actuel se confirme?Si la N-VA passe à côté du gouvernement fédéral, je vois bien Jan Jambon devenir ministre-président flamand et Bart De Wever rester président. Au CD&V, c'est un secret de polichinelle que l'actuel président Wouter Beke aimerait un poste au gouvernement fédéral. Pour John Crombez (sp.a), un poste de ministre est la solution la plus élégante si le sp.a devait entrer au gouvernement flamand. En tout cas, le thème des soins et du bien-être lui tient à coeur. Gwendolyn Rutten, elle aussi, fait depuis longtemps l'objet de rumeurs selon lesquelles elle aimerait un poste ministériel, bien qu'elle doive alors peut-être quitter son poste de bourgmestre. Son remplaçant le plus logique est Bart Tommelein, qui réussit très bien dans les sondages. Cela signifie que les présidents de parti pourraient bien complètement changer après le 26 mai.