Star du précédent gouvernement, Mme Freeland, qui a renégocié avec succès l'accord de libre-échange avec les Etats-Unis et le Mexique, est remplacée à ce poste par François-Philippe Champagne. Cet élu du Québec obtient une promotion après avoir déjà occupé les postes de ministre des Infrastructures et du Commerce international. Chrystia Freeland, 51 ans, devient vice-Première ministre et ministre des Affaires intergouvernementales canadiennes, un poste-clé au moment où le gouvernement Trudeau est confronté à une fronde contre sa taxe carbone de deux provinces de l'Ouest canadien, dirigées par des gouvernements conservateurs, ainsi qu'à un retour en force au Parlement des indépendantistes du Bloc québécois. Autre changement notable, la ministre de l'Environnement Catherine McKenna est remplacée à ce poste par Jonathan Wilkinson, auparavant en charge du ministère des Pêches et Océans. Mme McKenna a bénéficié d'une protection policière ces derniers mois, une mesure rarissime dans son pays, à la suite d'une vague d'insultes et de menaces liées à ses prises de position sur le changement climatique. Pressenti pour prendre son poste, l'ancien militant écologiste Steven Guilbeault, fraîchement élu dans une circonscription de Montréal, devient finalement ministre du Patrimoine canadien (culture). M. Trudeau semble ainsi, selon les analystes, avoir voulu éviter de brusquer les provinces de l'Alberta et de la Saskatchewan, dépendantes du pétrole et remontées contre le programme d'action climatique de son gouvernement. Le Premier ministre n'a fait élire aucun député de son parti libéral dans ces deux provinces aux législatives d'octobre et M. Guilbeault s'est prononcé contre la nationalisation par le gouvernement Trudeau d'un oléoduc entre l'Alberta et la Colombie-Britannique. Le nouveau ministre des Affaires étrangères François-Philippe Champagne devra pour sa part résoudre la crise diplomatique sans précédent entre le Canada et la Chine depuis l'arrestation il y a près d'un an à Vancouver d'une dirigeante du géant chinois des télécoms Huawei, à la demande des Etats-Unis, qui réclament son extradition. Dans les jours suivant cette arrestation, Pékin a arrêté un ancien diplomate et un homme d'affaires canadiens sur des soupçons d'espionnage, des détentions qualifiées d'"arbitraires" par Ottawa. A parité hommes-femmes, le nouveau cabinet compte 36 ministres, deux de plus que le précédent. (Belga)