"Le blocage de l'internet et des réseaux de télécommunications, sans que le gouvernement ne fournisse de justification, contrevient aux critères fondamentaux de nécessité et de proportionnalité", estiment ces cinq experts indépendants dans un communiqué. "Ce blocage est une forme de punition collective des habitants du Jammu-et-Cachemire", affirment-ils, jugeant les restrictions imposées par New Delhi "intrinsèquement disproportionnées". Ils s'inquiètent aussi du couvre-feu imposé dans la région, avec l'appui de renforts "massifs" de troupes envoyés par l'Inde, "particulièrement dans la vallée du Cachemire". Selon des sources gouvernementales, au moins 4.000 personnes ont été interpellées au Cachemire indien depuis la révocation de l'autonomie de ce territoire par New Delhi le 5 août, en raison de craintes de manifestations. Elles ont été interpellées en vertu de la loi sur la sécurité publique, une loi controversée qui permet aux autorités d'emprisonner une personne jusqu'à deux ans sans accusation ni procès. Pour les experts, "ces détentions sont susceptibles de constituer de graves violations des droits de l'homme" et ils demandent à New Delhi de mener des enquêtes sur ces rafles et d'en sanctionner éventuellement les responsables. Certaines des personnes arrêtées ayant été transportées hors du Cachemire, les experts soulignent un "risque général accru de disparitions forcées". Ils appellent enfin les forces de police au Cachemire indien à "utiliser le minimum de force pour contrôler les mouvements de protestation". (Belga)