Les manifestants étaient d'abord des citoyens mécontents des résultats électoraux, mais des mouvements, associations et syndicats, notamment la FGTB, des groupes de migrants, des féministes et des personnes LGBT+ (lesbiennes, gays, bisexuels, transgenres et assimilés) étaient aussi représentés. La place du Luxembourg était comble de 18h00 à 19h15. Les manifestants se sont ensuite mis en marche pour rejoindre le rond-point Schuman devant les institutions européennes. De multiples pancartes, banderoles, drapeaux et fumigènes coloraient le cortège. Des messages du type "No to fascism", "Non au racisme d'état" et "Facism not welcome here" se répétaient dans la foule.

"Les citoyens se rassemblent à Bruxelles et à Gand pour dire non à l'extrême droite qui est le nationalisme identitaire, le rejet de l'autre, la xénophobie, les atteintes aux libertés et aux droits fondamentaux", a fait valoir Alexis Deswaef, représentant de la plate-forme citoyenne de soutien aux réfugiés et président d'honneur de la Ligue des Droits Humains. "Les partis en coalition avec la N-VA sont co-responsables de cette percée. Ils ont mis en oeuvre, de même que le gouvernement précédent, des points du fameux plan raciste du Vlaams Blok des années 90. Pour la loi sur les visites domiciliaires par exemple, le Premier ministre a heureusement dû faire marche arrière grâce à la mobilisation citoyenne. (...) On voit aujourd'hui que le cordon sanitaire est sur le point de se rompre et qu'on veut travailler et normaliser l'extrême droite, et c'est inacceptable. Les politiques et les médias doivent être vigilants pour ne pas banaliser les discours de l'extrême droite. Quand on voit que le Vlaams Belang est invité sur tous les plateaux de télévision en Flandre, on peut se questionner par rapport à cette tribune offerte à des idées nauséabondes, même si elles sont déguisées sous des costumes-cravates."

A Gand, à l'initiative de plusieurs associations de gauche, environ 150 personnes ont également manifesté contre le Vlaams Belang. "En 1991, nous avons vécu un premier dimanche noir. Depuis lors, rien n'a été fait pour contrer le terreau de l'extrême droite", ont dénoncé les organisateurs (dont "Actief Linkse Studenten en Scholieren Gent", Campagne Rosa et Blokbuster).