Pour cette deuxième édition, la saine ambition des organisateurs était de donner une nouvelle dimension à cette dynamique encore trop limitée à quelques cercles restreints d'initiés. Il était donc question de défendre le passage nécessaire de l'action individuelle à l'action collective, de proposer d'inscrire le "zéro-déchet" au coeur du fonctionnement de nos villes, françaises comme belges d'ailleurs.

Une action collective indispensable dès lors que les vertus du "Zero waste" ne se limitent pas à l'environnement. Il permet également une diminution des coûts de collecte en adaptant le ramassage (une fréquence régulière pour les déchets organiques, qui pourrissent vite, mais plus espacée pour les déchets "secs" drastiquement réduits). En outre, de nombreux emplois forcément locaux sont créés pour bien trier les déchets et permettre d'en faire de nouvelles ressources. Ce système rapporte aussi de l'argent, par la revente des matériaux recyclés et du compost.

Et à Bruxelles ? "L'année 2018 sera l'année "Zéro Waste" !" proclamaient fièrement les Ministres compétents. Derrière les belles intentions et les beaux discours, cette année nous donne surtout l'occasion de mesurer le gouffre qui nous sépare d'un tel objectif. La politique du tout-à-l'incinération menée en Région bruxelloise depuis plus de 30 ans, et encore maintenue aujourd'hui, nous a mené à une impasse désastreuse : un taux de tri d'à peine 32 % de nos déchets ménagers alors que nous devrions atteindre les 50 % pour 2020, et que la Wallonie et la Flandre font deux à trois fois mieux... Dans le même temps, les budgets publics affectés à cette politique ne cessent de gonfler avec une augmentation de près de 20 % en 5 ans. Bien sûr, ces dernières années, le déploiement du programme régional bruxellois d'économie circulaire (PREC) est un pas dans la bonne direction vers ce cercle vertueux du "Zero waste". Si les particuliers et les entrepreneurs s'avèrent plus créatifs que jamais en matière de déchets, chez nous également, force est de constater que ce n'est malheureusement pas le cas des pouvoirs publics.

Ce festival "Zero Waste" parisien était donc une formidable occasion de trouver l'inspiration qui manque aujourd'hui cruellement aux autorités bruxelloises en matière de traitement public des déchets, une inspiration à l'instar de cette déchetterie nouvelle génération qui, sur le modèle d'un supermarché, permet aux citoyens de déposer leurs objets en bon état, de les donner à réparer, ou encore de repartir avec un produit déposé par un autre citoyen. Alors que les communes rechignent souvent à l'installation de parc à container sur leur territoire, en serait-il de même si il s'agissait d'un pareil service ? Le soutien au Repair café ou aux prêts d'objets sont également essentiel pour diminuer le déchets ultimes. Les élections communales sont une occasion de rappeler à quel point le soutien des autorités locales à cet effet est déterminant.

Aujourd'hui, il faut oser et faire basculer la politique de gestion des déchets vers une logique "Zero Waste". Mais sans une modification profonde de la culture et du fonctionnement de l'acteur principal de la propreté publique, à savoir Bruxelles-Propreté, l'innovation se limitera à des niches expérimentales et le gros de nos déchets ménagers continuera son parcours linéaire production-collecte-incinération, creusant toujours un peu plus notre dette environnementale, contribuant toujours un peu plus à l'épuisement des ressources.

Un sursaut est indispensable. Il implique nécessairement et prioritairement une réorganisation de la politique des déchets à Bruxelles et sa réintégration dans le giron d'une politique environnementale transversale, ambitieuse, unique et cohérente, de la prévention au traitement des déchets. Il requiert tout aussi essentiellement la coopération des autorités locales comme des citoyens.

Pour cette deuxième édition, la saine ambition des organisateurs était de donner une nouvelle dimension à cette dynamique encore trop limitée à quelques cercles restreints d'initiés. Il était donc question de défendre le passage nécessaire de l'action individuelle à l'action collective, de proposer d'inscrire le "zéro-déchet" au coeur du fonctionnement de nos villes, françaises comme belges d'ailleurs. Une action collective indispensable dès lors que les vertus du "Zero waste" ne se limitent pas à l'environnement. Il permet également une diminution des coûts de collecte en adaptant le ramassage (une fréquence régulière pour les déchets organiques, qui pourrissent vite, mais plus espacée pour les déchets "secs" drastiquement réduits). En outre, de nombreux emplois forcément locaux sont créés pour bien trier les déchets et permettre d'en faire de nouvelles ressources. Ce système rapporte aussi de l'argent, par la revente des matériaux recyclés et du compost. Et à Bruxelles ? "L'année 2018 sera l'année "Zéro Waste" !" proclamaient fièrement les Ministres compétents. Derrière les belles intentions et les beaux discours, cette année nous donne surtout l'occasion de mesurer le gouffre qui nous sépare d'un tel objectif. La politique du tout-à-l'incinération menée en Région bruxelloise depuis plus de 30 ans, et encore maintenue aujourd'hui, nous a mené à une impasse désastreuse : un taux de tri d'à peine 32 % de nos déchets ménagers alors que nous devrions atteindre les 50 % pour 2020, et que la Wallonie et la Flandre font deux à trois fois mieux... Dans le même temps, les budgets publics affectés à cette politique ne cessent de gonfler avec une augmentation de près de 20 % en 5 ans. Bien sûr, ces dernières années, le déploiement du programme régional bruxellois d'économie circulaire (PREC) est un pas dans la bonne direction vers ce cercle vertueux du "Zero waste". Si les particuliers et les entrepreneurs s'avèrent plus créatifs que jamais en matière de déchets, chez nous également, force est de constater que ce n'est malheureusement pas le cas des pouvoirs publics. Ce festival "Zero Waste" parisien était donc une formidable occasion de trouver l'inspiration qui manque aujourd'hui cruellement aux autorités bruxelloises en matière de traitement public des déchets, une inspiration à l'instar de cette déchetterie nouvelle génération qui, sur le modèle d'un supermarché, permet aux citoyens de déposer leurs objets en bon état, de les donner à réparer, ou encore de repartir avec un produit déposé par un autre citoyen. Alors que les communes rechignent souvent à l'installation de parc à container sur leur territoire, en serait-il de même si il s'agissait d'un pareil service ? Le soutien au Repair café ou aux prêts d'objets sont également essentiel pour diminuer le déchets ultimes. Les élections communales sont une occasion de rappeler à quel point le soutien des autorités locales à cet effet est déterminant. Aujourd'hui, il faut oser et faire basculer la politique de gestion des déchets vers une logique "Zero Waste". Mais sans une modification profonde de la culture et du fonctionnement de l'acteur principal de la propreté publique, à savoir Bruxelles-Propreté, l'innovation se limitera à des niches expérimentales et le gros de nos déchets ménagers continuera son parcours linéaire production-collecte-incinération, creusant toujours un peu plus notre dette environnementale, contribuant toujours un peu plus à l'épuisement des ressources. Un sursaut est indispensable. Il implique nécessairement et prioritairement une réorganisation de la politique des déchets à Bruxelles et sa réintégration dans le giron d'une politique environnementale transversale, ambitieuse, unique et cohérente, de la prévention au traitement des déchets. Il requiert tout aussi essentiellement la coopération des autorités locales comme des citoyens.