En fonction de leur positionnement sur l'échiquier politique, ils ont adressé à la nouvelle ministre de la Mobilité Elke Van den Brandt (Groen) une série de questions sur la manière d'en concrétiser les ambitions.

Le gouvernement bruxellois a approuvé en avril dernier, ce projet de plan régional qui trace les grandes orientations à suivre pour améliorer la mobilité, dans le respect du cadre de vie pour les dix prochaines années dans la capitale. Il sera peaufiné par la nouvelle équipe socialiste, écologiste et DéFI qui a repris les commandes de la Région.

Mardi, il a donné lieu à un premier échange de vues entre les députés de la commission et la ministre compétente. Dans les chiffres, Good Move vise une réduction d'un quart de l'utilisation de la voiture, une multiplication par quatre du nombre de déplacements à vélo et un renforcement significatif de l'offre de transport en commun.

Pour la voiture, cela se traduira par un réaménagement d'axes de pénétration en boulevards urbains et par une spécialisation des voiries. La capitale sera partagée en une cinquantaine de mailles délimitées par des axes structurant d'entrées et de connexion. Le trafic de transit au coeur de celles-ci sera fortement dissuadé.

Dans l'opposition, la cheffe de groupe MR, Alexia Bertrand, a applaudi l'idée de mettre au point un MAAS, une application regroupant l'ensemble des offres d'acteurs de la mobilité à Bruxelles pour permettre le meilleur choix instantané de déplacement à opérer, le travail participatif engagé dès l'entame du processus, ou encore la poursuite de la réalisation du métro vers le Nord.

Elle a toutefois déploré le volet contraignant du plan quel que soit l'âge et le statut, entre autres professionnel, de l'usager. Elle s'est également interrogée sur l'ordre de priorités qui sera établi dans la mise en oeuvre, et sur les moyens budgétaires à prévoir. Mme Bertrand s'est inquiétée par ailleurs de ne pas voir de carte des parkings de "persuasion", d'autant qu'il n'y a pas eu de concertation avec les communes de la périphérie. Il n'est nulle part question de fluidité de trafic qui ne concerne que la mobilité douce dans le plan, a-t-elle encore déploré.

Le député Christophe De Beukelaer (cdH) s'est globalement réjoui d'un plan qui a reçu le feu vert de sa formation dans la gouvernement sortant. Il a émis deux bémols: l'absence d'association aux travaux préparatoires de l'organe flamand chargé de plancher sur l'élargissement du Ring et la faible prise en compte des engins motorisés à deux roues.

Pour le PTB, Youssef Handichi a jugé que le plan ne prévoyait pas une hausse suffisante de l'offre de la STIB en heures creuses. Cieltje Van Achter (N-VA) s'est demandée si une réelle concertation avait été engagée avec les autres Régions. Elle a également souhaité savoir comment la contractualisation avec les communes sera engagée et dans quel délai. L'élue de la formation nationaliste flamande a jugé que le volet sécurité routière était le grand absent du plan.

Dans sa réponse, la ministre Van den Brandt a souligné que Good Move ne misait pas sur la disparition de la voiture, mais visait à limiter l'"autosolisme" par la multiplication des alternatives. Selon elle, les cinquante fiches de Good Move contiennent toutes un timing et des explications sur 'qui fait quoi, quand et comment'. Le plan sera soumis à un monitoring permanent.

Mme Van den Brandt a par ailleurs souligné, en ce qui concerne la limitation de la vitesse, que le 30km/h deviendra progressivement la règle. Le 50 et le 70 pourront être envisagés par endroits, en concertation avec les communes, mais au cas par cas, en fonction des endroits.