Selon une étude de l'université de Gand et de la KUL, sur l'ensemble du territoire national, 200 à 250 ha de foncier pourraient être récupérés sur les toits des centres commerciaux. Les chercheurs ont passé au crible les supermarchés des sept principales enseignes alimentaires présentes en Belgique, écartant ceux localisés trop en périphérie, ceux qui n'avaient pas de parking de 5 000 m2 et, enfin, ceux qui n'offraient pas un toit suffisamment solide. Des 1 461 supermarchés étudiés en Flandre, 336 sites conviendraient à ce type de construction. Et si l'étude ne porte pas spécifiquement sur Bruxelle...

Selon une étude de l'université de Gand et de la KUL, sur l'ensemble du territoire national, 200 à 250 ha de foncier pourraient être récupérés sur les toits des centres commerciaux. Les chercheurs ont passé au crible les supermarchés des sept principales enseignes alimentaires présentes en Belgique, écartant ceux localisés trop en périphérie, ceux qui n'avaient pas de parking de 5 000 m2 et, enfin, ceux qui n'offraient pas un toit suffisamment solide. Des 1 461 supermarchés étudiés en Flandre, 336 sites conviendraient à ce type de construction. Et si l'étude ne porte pas spécifiquement sur Bruxelles, quelque 20 % des supermarchés existants y seraient pourtant adaptés. Pour peu que Région et communes donnent leur absolution. " Si la moitié seulement de ces toits étaient reconvertis, cela créerait des centaines de logements neufs d'environ 85 m2 en moyenne, sur l'ensemble du territoire bruxellois ", relève Olivier Carrette, CEO de l'association UPSI-BVS qui représente quelque 150 promoteurs immobiliers. L'idée s'inspire de ce qui se fait en Chine et aux Pays-Bas où des parkings de supermarchés ont été transformés en zones vertes d'habitation, en appartements, en parcs ou en terrains de sport. Bruxelles, qui accuse un immobilier commercial vieillissant, pourrait à son tour succomber à la tentation. " La majorité des supermarchés datent des années 1970. Ils ont été construits comme des ensembles monofonctionnels, avec d'énormes parkings qui restent sous- utilisés, voire totalement déserts la nuit et le dimanche, explique Olivier Carrette. Or, les supermarchés-résidence sont un exemple d'optimisation de l'espace disponible : non seulement ils profitent aux communautés, en regroupant dans un même lieu des logements, des crèches et des espaces verts, mais ils résolvent un problème de mobilité puisque les habitants ne devraient pas prendre leur voiture pour faire leurs courses. " Si l'idée titille AG Real Estate, Redevco ou Wereldhave, les promoteurs passés à l'action sont rares. Aux premières loges : le groupe Colruyt. Après avoir développé plusieurs projets de ce type en périphérie, notamment à Wemmel et à Hal, où les entrepôts historiques du groupe ont été réaménagés en 120 appartements, Colruyt vient d'entamer la construction de 35 appartements de 80 à 90 m2 à Etterbeek. " Nous sommes en pleine reconstruction du magasin. Et puisque le terrain existant est supérieur à 4 000 m2, la loi nous oblige à y intégrer des logements ", indique Geert Roels, directeur de l'expansion du groupe Colruyt. Cette approche pourrait être appliquée à d'autres communes, notamment à Forest. " Si nous trouvons acquéreurs, l'objectif est bien de dupliquer ce type de projet, qui pourrait être intégré directement dans les plans de construction de nouveaux supermarchés, ou lors de rénovations ", confie Geerts Roels. Avec un bémol : si les toits des supermarchés peuvent supporter le poids d'une installation de panneaux photovoltaïques, il n'en est pas de même d'un ou deux étages de logements. Par Dorian Peck.