Ce discours, prononcé mardi en ouverture de l'assemblée générale de l'ONU à New York, a été considéré comme "agressif" par la plupart des journaux brésiliens, qui en faisaient leurs gros titres mercredi. Dans sa diatribe d'une trentaine de minutes lors de laquelle Jair Bolsonaro a défendu sur un ton martial la souveraineté du Brésil sur l'Amazonie en pointant du doigt l'attitude "coloniale" de certains pays, il a pris à partie le chef Raoni Metuktire. "Très souvent, certains leaders indigènes, comme le cacique Raoni, sont instrumentalisés par des gouvernements étrangers dans la guerre de l'information qu'ils mènent pour faire avancer leurs intérêts en Amazonie", a lancé le président d'extrême droite, avant d'ajouter: "le monopole de Raoni sur l'Amazonie est terminé". "Bolsonaro dit que je ne suis pas un leader, mais c'est lui qui n'est pas un leader et il doit partir. Pour le bien de tous, avant que quelque chose de grave n'arrive", a affirmé le chef indien de 89 ans lors d'une conférence de presse dans une salle du Congrès brésilien. Flanqué de sa petite-fille Maial Kayapo, qui a fait office de traductrice, le célèbre cacique au plateau labial proéminent était également entouré de partisans, d'autres leaders indigènes et de parlementaires d'opposition criant "Raoni, Bolsonaro non!". "Mon combat est pour la préservation de l'environnement. (...) C'est un message de paix, je ne veux offenser personne. Je veux juste que tout le monde vive en bonne santé, en toute tranquillité", a déclaré le leader autochtone, tout juste revenu de New York. Il y a deux semaines, la Fondation Darcy Ribeiro a proposé la candidature de Raoni au Prix Nobel de la Paix 2020. "Cette initiative reconnaît les mérites de Raoni Metuktire en tant que leader de renommée mondiale, qui, à l'aube de ses 90 ans, a dédié sa vie au combat pour les droits des indigènes et la préservation de l'Amazonie", a expliqué dans un communiqué cette fondation qui porte le nom d'un célèbre anthropologue brésilien. (Belga)