Les données satellites collectées par l'Institut national de recherches spatiales (INPE) montrent que 7.855 incendies ont été recensés dans la forêt amazonienne le mois dernier, une baisse de 26% par rapport à la même période en 2018. C'est le chiffre le plus bas pour un mois d'octobre depuis que cette agence gouvernementale a commencé à recueillir ce type de données, en 1998. Le nombre de foyers avait déjà diminué progressivement, passant de 30.901 (le plus élevé depuis 2010) en août à 19.924 en septembre. L'INPE n'a pas fourni d'explication pour cette baisse des incendies qui sont imputables en grande partie à une déforestation galopante, mais le Brésil, sous une intense pression internationale, avait instauré fin août une interdiction de la culture sur brûlis pour deux mois. Mais si l'on prend en compte les dix premiers mois de l'année dans leur ensemble, le nombre total d'incendies reste de 29% supérieur à celui de l'an dernier sur la même période (74.605 contre 57.622). Cette recrudescence des incendies avait causé une énorme émotion internationale et une forte remise en cause de la politique environnementale du président d'extrême droite Jair Bolsonaro. Les réactions du chef de l'Etat avaient suscité de vives tensions, ce dernier ayant balayé les critiques en considérant que des intérêts étrangers voulaient menacer la souveraineté brésilienne. Mais tandis que les incendies ont diminué de façon significative ces dernières semaines en Amazonie, la situation au Pantanal demeure très préoccupante pour ce sanctuaire de biodiversité, qui attire de nombreux écotouristes. Le nombre d'hectares dévastés a plus que doublé en une semaine, passant de 50.000 à 122.000 ha, une superficie supérieure à celle de la ville de Rio de Janeiro, d'après les dernières donnés rendues publiques par l'organisme lundi. Des images impressionnantes publiées dans les médias locaux montrent des cadavres d'animaux calcinés, notamment des caïmans, espèce emblématique du Pantanal. L'INPE fait état de 2.430 foyers d'incendie en octobre, le chiffre le plus élevé pour ce mois depuis 2002. Pour ce qui est du total depuis le début de l'année, l'augmentation est de 486% par rapport à 2018, avec 8.875 foyers recensés. (Belga)